D’autres mots sur nos maux. Décrire la douleur au XVIIe siècle
Résumé
De l’Antiquité à l’époque moderne, les médecins se sont interrogés non seulement sur les différents types de douleur et leur portée diagnostique, mais également sur les catégories techniques difficilement utilisables par le patient. Ils ont également souligné les limites des dénominations techniques des diverses douleurs, difficiles à appréhender pour le patient. Au xviie siècle, deux ouvrages montrent combien la réflexion sur le langage était partie intégrante du savoir médical. Au xviie siècle, deux ouvrages montrent combien la réflexion sur le langage était partie du savoir médical : la Présence des absens de Théophraste Renaudot (1642), qui propose un modèle de consultation à distance fondé sur la volonté de faire de la médecine « un bien […] communicable », et les Caractères de la douleur de Marin Cureau de La Chambre (1659), qui s’appuie sur la rhétorique pour mettre en évidence les « façons de parler » de la douleur. Tous deux se focalisent sur les mots ordinaires dont les médecins doivent mesurer l’importance. Facing Pain in the 17th century: The Patient’s Words. From antiquity to the early modern period, physicians have considered not only different types of pain and their diagnostic significance, but also the problems posed by technical terms of pain that are difficult to use for patients. Reflecting on the words used to describe pain was an integral part of medical knowledge. In the 17th century, two works perfectly illustrate the importance of this reflection on language: La Présence des absens (1642), in which Théophraste Renaudot, motivated by the desire to make medicine “a communicable good,” presents a questionary of remote consultation; and the Caractères de la douleur (1659), in which Marin Cureau de La Chambre draws on rhetoric to highlight ordinary “ways of speaking” about pain.
Pour citer ce document
Inserm (dir.). Les Cahiers du Comité pour l’histoire de l’Inserm n°7, 2025, p.69-76


