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Analyse
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Effets sur la santé – Systèmes hépatique, pancréatique, cutanéo-muqueux, musculo-squelettique, rénal et infections
Le dopage peut avoir de multiples effets néfastes sur la santé (Birzniece, 2015
; Bird et coll., 2016
; Navidinia et Ebadi, 2017
) touchant de nombreux organes et systèmes corporels avec des niveaux de gravité très variables selon les substances et méthodes utilisées, mais aussi selon les protocoles et les posologies. Cependant, ces effets sont volontiers régulièrement remis en cause (Morrison, 2023
). En effet, pour certains effets du dopage sur la santé, les données probantes ne proviennent pas d’études de haut niveau de preuve, mais sont plutôt très largement extrapolées de résultats d’études expérimentales ou de cas cliniques impliquant des substances figurant sur la Liste des interdictions de l’Agence mondiale antidopage (AMA), dans un contexte thérapeutique et/ou non sportif (Pope, Jr. et coll., 2014
; Nieschlag et Vorona, 2015
). Les éléments de la littérature sont ainsi à considérer avec prudence afin d’éviter de tirer des conclusions hâtives quant à des liens de causalité sans niveau de preuve suffisant dans un contexte de dopage sportif.
; Bird et coll., 2016
; Navidinia et Ebadi, 2017
) touchant de nombreux organes et systèmes corporels avec des niveaux de gravité très variables selon les substances et méthodes utilisées, mais aussi selon les protocoles et les posologies. Cependant, ces effets sont volontiers régulièrement remis en cause (Morrison, 2023
). En effet, pour certains effets du dopage sur la santé, les données probantes ne proviennent pas d’études de haut niveau de preuve, mais sont plutôt très largement extrapolées de résultats d’études expérimentales ou de cas cliniques impliquant des substances figurant sur la Liste des interdictions de l’Agence mondiale antidopage (AMA), dans un contexte thérapeutique et/ou non sportif (Pope, Jr. et coll., 2014
; Nieschlag et Vorona, 2015
). Les éléments de la littérature sont ainsi à considérer avec prudence afin d’éviter de tirer des conclusions hâtives quant à des liens de causalité sans niveau de preuve suffisant dans un contexte de dopage sportif.Ce chapitre fait état des connaissances actuelles sur les effets sur la santé du dopage en s’appuyant sur une analyse critique de plus d’une centaine de revues, d’études de cas ou séries de cas rétrospectives, et d’études épidémiologiques. L’analyse est centrée sur plusieurs tissus dont le foie et le pancréas, la peau et les muqueuses, les muscles et le squelette, et le rein. Le système respiratoire n’est volontairement pas abordé devant l’absence de littérature faisant mention d’une atteinte de ce système dans un contexte de dopage sportif. L’analyse traite également des infections liées au dopage. Ne sont pas abordés ici les mécanismes biologiques sous-jacents qui sont, pour de nombreuses substances dopantes, assez bien établis dans la littérature scientifique.
Atteintes hépatiques
Le foie est un organe particulièrement touché en cas de consommation de stéroïdes anabolisants, avec une hépatotoxicité avérée même si cette dernière reste toutefois relativement rare (Neri et coll., 2011
; Bond et coll., 2016
; Sekuła et coll., 2020
; Petrovic et coll., 2022
). En effet, l’administration supraphysiologique ou bien inappropriée de stéroïdes anabolisants peut conduire à des pathologies telles que la cytolyse hépatique, la cholestase, ou la péliose hépatique (Neri et coll., 2011
; Solimini et coll., 2017
; Takyar et Stolz, 2019
), qui sont détaillées ci-dessous.
; Bond et coll., 2016
; Sekuła et coll., 2020
; Petrovic et coll., 2022
). En effet, l’administration supraphysiologique ou bien inappropriée de stéroïdes anabolisants peut conduire à des pathologies telles que la cytolyse hépatique, la cholestase, ou la péliose hépatique (Neri et coll., 2011
; Solimini et coll., 2017
; Takyar et Stolz, 2019
), qui sont détaillées ci-dessous.Les premières descriptions des effets hépatiques de l’utilisation de stéroïdes anabolisants dans le monde sportif remontent aux années 1950 (Solimini et coll., 2017
). Même s’il reste encore difficile de clairement préciser les mécanismes physiopathologiques sous-jacents en raison d’études encore trop peu nombreuses ou de méthodologie imparfaite (Neri et coll., 2011
; Lindqvist et coll., 2013
; Imperlini et coll., 2015
; Robles-Diaz et coll., 2015
), un lien de causalité semble néanmoins exister et se dégager. En effet, dans un contexte de dopage sportif aux stéroïdes anabolisants, il est souvent difficile de connaître précisément les posologies utilisées, les durées ou les voies d’administration, ainsi que la composition exacte des substances déclarées comme étant des stéroïdes anabolisants (Solimini et coll., 2017
; Ding et coll., 2021
). Par ailleurs, il existe également de nombreux facteurs confondants dans le contexte sportif, comme par exemple la rhabdomyolyse liée à un effort physique important, pouvant à elle seule (c’est-à-dire en dehors de tout dopage aux stéroïdes anabolisants) être à l’origine d’une perturbation de la fonction hépatique (Pope, Jr. et coll., 2014
; Hassan et Fontana, 2018
). Enfin, le dopage aux stéroïdes anabolisants chez le sportif est rarement isolé (la polyconsommation de substances dopantes par les athlètes est une pratique courante) rendant délicates les interprétations quant aux effets propres des différentes substances dopantes utilisées. Sous réserve de ces différentes considérations, diverses atteintes hépatiques ont pu être suggérées en lien avec un dopage sportif. Dans la plus grande majorité des cas, les stéroïdes anabolisants sont les « piliers » du dopage (c’est-à-dire les substances majoritairement consommées, mais de façon non exclusive) et les sports de force (force athlétique, bodybuilding, haltérophilie) les plus incriminés. Si les stéroïdes anabolisants sont les substances les plus fréquemment rapportées dans les atteintes hépatiques dans un contexte de dopage sportif, d’autres substances (comme les stimulants) sont également occasionnellement incriminées.
). Même s’il reste encore difficile de clairement préciser les mécanismes physiopathologiques sous-jacents en raison d’études encore trop peu nombreuses ou de méthodologie imparfaite (Neri et coll., 2011
; Lindqvist et coll., 2013
; Imperlini et coll., 2015
; Robles-Diaz et coll., 2015
), un lien de causalité semble néanmoins exister et se dégager. En effet, dans un contexte de dopage sportif aux stéroïdes anabolisants, il est souvent difficile de connaître précisément les posologies utilisées, les durées ou les voies d’administration, ainsi que la composition exacte des substances déclarées comme étant des stéroïdes anabolisants (Solimini et coll., 2017
; Ding et coll., 2021
). Par ailleurs, il existe également de nombreux facteurs confondants dans le contexte sportif, comme par exemple la rhabdomyolyse liée à un effort physique important, pouvant à elle seule (c’est-à-dire en dehors de tout dopage aux stéroïdes anabolisants) être à l’origine d’une perturbation de la fonction hépatique (Pope, Jr. et coll., 2014
; Hassan et Fontana, 2018
). Enfin, le dopage aux stéroïdes anabolisants chez le sportif est rarement isolé (la polyconsommation de substances dopantes par les athlètes est une pratique courante) rendant délicates les interprétations quant aux effets propres des différentes substances dopantes utilisées. Sous réserve de ces différentes considérations, diverses atteintes hépatiques ont pu être suggérées en lien avec un dopage sportif. Dans la plus grande majorité des cas, les stéroïdes anabolisants sont les « piliers » du dopage (c’est-à-dire les substances majoritairement consommées, mais de façon non exclusive) et les sports de force (force athlétique, bodybuilding, haltérophilie) les plus incriminés. Si les stéroïdes anabolisants sont les substances les plus fréquemment rapportées dans les atteintes hépatiques dans un contexte de dopage sportif, d’autres substances (comme les stimulants) sont également occasionnellement incriminées.Cytolyse hépatique
Concernant le foie, la cytolyse est peut-être l’atteinte hépatique la plus fréquemment rapportée dans un contexte de dopage sportif. Rarement conséquente, la cytolyse se présente par une augmentation de l’activité plasmatique de certaines enzymes hépatiques (Niedfeldt, 2018
) et elle est considérée comme le signe d’appel d’une souffrance hépatique pouvant ouvrir sur des pathologies plus graves. Les quelques études disponibles retrouvent régulièrement une élévation plus ou moins importante des transaminases alanine aminotransférase (ALAT) et aspartate aminotransférase (ASAT) suggérant une hépatotoxicité. Dans une étude irakienne portant sur 24 utilisateurs de salles de sport (Abdulhadi et coll., 2018
), les auteurs ont retrouvé une cytolyse hépatique avec augmentation d’ALAT et d’ASAT chez les sportifs ayant eu une consommation d’au moins 6 mois de plusieurs stéroïdes anabolisants (sans que l’on puisse connaître les posologies, et également associée à la consommation d’autres substances dopantes que les seuls stéroïdes) comparativement à un groupe contrôle. Dans une autre étude portant toujours sur des bodybuilders masculins, en Iran, les auteurs ont retrouvé des valeurs de transaminases plus élevées dans le groupe (n=20) consommateur régulier de stéroïdes anabolisants que dans celui déclarant ne pas y avoir recours (n=20). Ces valeurs plus élevées de transaminases dans le groupe consommateur de stéroïdes n’étaient toutefois pas au-delà de la limite supérieure de la normale des valeurs usuelles de laboratoire, ne pouvant ainsi pas être le reflet d’une réelle hépatotoxicité (Arazi, 2018
). D’autres études tentent de mettre en évidence l’atteinte hépatique en fonction de la durée de la prise de substances dopantes comme chez ces bodybuilders d’Arabie Saoudite chez qui la cytolyse n’est observée qu’après 9 mois d’une polyconsommation bi-hebdomadaire de stéroïdes anabolisants (Almaiman et coll., 2019
). Cependant, il convient de toujours bien considérer que l’élévation des transaminases n’est pas pathognomonique d’une atteinte hépatique, mais qu’elle peut aussi être le témoin d’une authentique souffrance musculaire à l’effort (Skenderi et coll., 2006
). L’interprétation de ce type de résultats doit ainsi toujours être mesuré à la lumière de ces éléments.
) et elle est considérée comme le signe d’appel d’une souffrance hépatique pouvant ouvrir sur des pathologies plus graves. Les quelques études disponibles retrouvent régulièrement une élévation plus ou moins importante des transaminases alanine aminotransférase (ALAT) et aspartate aminotransférase (ASAT) suggérant une hépatotoxicité. Dans une étude irakienne portant sur 24 utilisateurs de salles de sport (Abdulhadi et coll., 2018
), les auteurs ont retrouvé une cytolyse hépatique avec augmentation d’ALAT et d’ASAT chez les sportifs ayant eu une consommation d’au moins 6 mois de plusieurs stéroïdes anabolisants (sans que l’on puisse connaître les posologies, et également associée à la consommation d’autres substances dopantes que les seuls stéroïdes) comparativement à un groupe contrôle. Dans une autre étude portant toujours sur des bodybuilders masculins, en Iran, les auteurs ont retrouvé des valeurs de transaminases plus élevées dans le groupe (n=20) consommateur régulier de stéroïdes anabolisants que dans celui déclarant ne pas y avoir recours (n=20). Ces valeurs plus élevées de transaminases dans le groupe consommateur de stéroïdes n’étaient toutefois pas au-delà de la limite supérieure de la normale des valeurs usuelles de laboratoire, ne pouvant ainsi pas être le reflet d’une réelle hépatotoxicité (Arazi, 2018
). D’autres études tentent de mettre en évidence l’atteinte hépatique en fonction de la durée de la prise de substances dopantes comme chez ces bodybuilders d’Arabie Saoudite chez qui la cytolyse n’est observée qu’après 9 mois d’une polyconsommation bi-hebdomadaire de stéroïdes anabolisants (Almaiman et coll., 2019
). Cependant, il convient de toujours bien considérer que l’élévation des transaminases n’est pas pathognomonique d’une atteinte hépatique, mais qu’elle peut aussi être le témoin d’une authentique souffrance musculaire à l’effort (Skenderi et coll., 2006
). L’interprétation de ce type de résultats doit ainsi toujours être mesuré à la lumière de ces éléments.Deux études américaines ont rapporté une série de cas de cytolyse hépatique chez des sportifs amateurs ayant consommé des compléments alimentaires. Les premiers cas, recensés dans l’État d’Hawaï (Johnston et coll., 2016
), ont par la suite été complétés par d’autres identifiés dans le cadre d’un projet de surveillance sanitaire national (Chatham-Stephens et coll., 2017
). Au total, 92 cas d’hépatites aiguës ont été identifiés, dont 69 qui ont pu être attribués à un produit spécifique, OxyELITE Pro, commercialisé pour la perte de poids et le renforcement musculaire. Parmi ces derniers, 32 cas (46 %) ont nécessité une hospitalisation, 3 ont abouti à une transplantation hépatique, et 1 patient est décédé. Le stimulant 1,3-diméthylamylamine, présent dans certaines formulations de ce produit, a été incriminé comme substance pouvant être à l’origine des effets observés, bien que son rôle causal n’ait pas été formellement établi.
), ont par la suite été complétés par d’autres identifiés dans le cadre d’un projet de surveillance sanitaire national (Chatham-Stephens et coll., 2017
). Au total, 92 cas d’hépatites aiguës ont été identifiés, dont 69 qui ont pu être attribués à un produit spécifique, OxyELITE Pro, commercialisé pour la perte de poids et le renforcement musculaire. Parmi ces derniers, 32 cas (46 %) ont nécessité une hospitalisation, 3 ont abouti à une transplantation hépatique, et 1 patient est décédé. Le stimulant 1,3-diméthylamylamine, présent dans certaines formulations de ce produit, a été incriminé comme substance pouvant être à l’origine des effets observés, bien que son rôle causal n’ait pas été formellement établi.Cholestase hépatique
Des cas de cholestase hépatique, une maladie caractérisée par une réduction ou un arrêt de la sécrétion biliaire, ont été rapportés en lien avec le dopage aux stéroïdes anabolisants. Bien que les études disponibles présentent des limites méthodologiques ou portent sur de faibles effectifs, le nombre non négligeable de cas associés aux effets connus des stéroïdes anabolisants dans un contexte médical (c’est-à-dire prescription à des fins thérapeutiques) suggère raisonnablement l’existence d’un lien entre le dopage sportif aux stéroïdes et la survenue d’une cholestase hépatique.
El Sherrif et coll. rapportent, par exemple, deux cas de cholestase hépatique chez des sujets ayant consommé des stéroïdes anabolisants (retrouvés dans des produits achetés pour être des compléments alimentaires). Le tableau biologique révélait une augmentation de la bilirubine et des phosphatases alcalines (PAL), mais sans augmentation des gamma-glutamyl-transférases (GGT) (El Sherrif et coll., 2013
). Dans ces deux cas, l’analyse histologique retrouve des éléments de cholestase intra-lobulaire très vraisemblablement en lien avec cette consommation de stéroïdes anabolisants. Les analyses génétiques ont pu retrouver une mutation hétérozygote du gène ABCB11 dans un cas. Certaines anomalies génétiques sont connues pour donner des tableaux de cholestase, donc il est ainsi raisonnable de penser que dans certains cas, c’est l’association de ces prédispositions génétiques et de la consommation de stéroïdes anabolisants (et certainement pas l’unique consommation de stéroïdes) qui est à l’origine de l’atteinte hépatique. Une autre étude rapporte également 44 cas de cholestase hépatique chez des sportifs ayant eu recours à des suppléments alimentaires variés contenant des stéroïdes anabolisants. Une analyse du génome sur une partie de cette population de sportifs suggère également une prédisposition génétique dans certains cas (Stolz et coll., 2019
).
). Dans ces deux cas, l’analyse histologique retrouve des éléments de cholestase intra-lobulaire très vraisemblablement en lien avec cette consommation de stéroïdes anabolisants. Les analyses génétiques ont pu retrouver une mutation hétérozygote du gène ABCB11 dans un cas. Certaines anomalies génétiques sont connues pour donner des tableaux de cholestase, donc il est ainsi raisonnable de penser que dans certains cas, c’est l’association de ces prédispositions génétiques et de la consommation de stéroïdes anabolisants (et certainement pas l’unique consommation de stéroïdes) qui est à l’origine de l’atteinte hépatique. Une autre étude rapporte également 44 cas de cholestase hépatique chez des sportifs ayant eu recours à des suppléments alimentaires variés contenant des stéroïdes anabolisants. Une analyse du génome sur une partie de cette population de sportifs suggère également une prédisposition génétique dans certains cas (Stolz et coll., 2019
).Les prédispositions génétiques ne sont pas les seules à être incriminées dans les cas de cholestase hépatique rapportés chez les sportifs ayant recours à des stéroïdes anabolisants. En effet, d’autres situations sont parfois avancées pour expliquer la survenue de ce type d’atteinte hépatique. Ainsi, Awai et coll. rapportent un tel cas chez une jeune adulte de 18 ans pratiquant le football et le basketball en amateur (Awai et coll., 2014
). Là encore, une cholestase hépatique avérée (biologie et histologie) est rapportée en lien avec une consommation de stéroïdes anabolisants sur un terrain prédisposant (obésité et stéatose non alcoolique). La littérature rapporte également quelques cas où la polyconsommation de substances dopantes peut être à l’origine d’une cholestase hépatique elle-même à l’origine d’autres atteintes d’organes. C’est le cas chez ce bodybuilder de 28 ans avec un tableau de cholestase hépatique clinique et biologique, chez lequel la biopsie hépatique a pu retrouver une cholestase associée à une fibrose hépatique (Alkhunaizi et coll., 2016
). Ces atteintes hépatiques ont secondairement entraîné des répercussions rénales avec un tableau surajouté de néphropathie biliaire aiguë. Dans ce cas, le dopage était « pluriel » avec de très nombreuses substances consommées (stéroïdes anabolisants mais aussi l’hormone thyroïdienne T3), rendant encore une fois difficile l’identification de la substance réellement en cause dans l’atteinte hépatique décrite.
). Là encore, une cholestase hépatique avérée (biologie et histologie) est rapportée en lien avec une consommation de stéroïdes anabolisants sur un terrain prédisposant (obésité et stéatose non alcoolique). La littérature rapporte également quelques cas où la polyconsommation de substances dopantes peut être à l’origine d’une cholestase hépatique elle-même à l’origine d’autres atteintes d’organes. C’est le cas chez ce bodybuilder de 28 ans avec un tableau de cholestase hépatique clinique et biologique, chez lequel la biopsie hépatique a pu retrouver une cholestase associée à une fibrose hépatique (Alkhunaizi et coll., 2016
). Ces atteintes hépatiques ont secondairement entraîné des répercussions rénales avec un tableau surajouté de néphropathie biliaire aiguë. Dans ce cas, le dopage était « pluriel » avec de très nombreuses substances consommées (stéroïdes anabolisants mais aussi l’hormone thyroïdienne T3), rendant encore une fois difficile l’identification de la substance réellement en cause dans l’atteinte hépatique décrite.La littérature rapporte également des cas où la consommation de stéroïdes semble être la seule cause identifiée de cholestase (c’est-à-dire absence de prédisposition ou de facteurs favorisants retrouvés) comme chez ce bodybuilder de 24 ans, qui a présenté une cholestase confirmée histologiquement après une cure de 8 semaines de stéroïdes par voie injectable (Boks et coll., 2017
), ou ce militaire américain après 4 mois d’une consommation de stéroïdes contenus dans un complément alimentaire (Brazeau et coll., 2015
).
), ou ce militaire américain après 4 mois d’une consommation de stéroïdes contenus dans un complément alimentaire (Brazeau et coll., 2015
).Toutefois, ces cas sont à pondérer au regard d’autres études qui ne retrouvent pas d’éléments biologiques d’une cholestase hépatique. C’est notamment le cas de l’étude néerlandaise HAARLEM (Health risks of Anabolic Androgenic steRoid use by maLE aMateur athletes) qui ne retrouve pas d’altération des marqueurs GGT ou PAL dans une cohorte de 100 sportifs amateurs (pratiquants de bodybuilding, d’haltérophilie ou de sports de combat) ayant consommé en moyenne 4 types différents de stéroïdes anabolisants sur 13 semaines, pour une posologie moyenne de 898 mg/semaine (Smit et coll., 2020
, 2021
et 2022
).
, 2021
et 2022
).Enfin, d’autres substances, comme les modulateurs hormonaux, et plus particulièrement les modulateurs sélectifs des récepteurs aux androgènes (SARM), ont également été incriminées dans des cas de cholestase hépatique. La littérature fait état d’un nombre croissant de cas en lien avec une consommation de SARM, isolée ou en association, chez des hommes pratiquant la force athlétique (Mohamed et coll., 2023
; Mohideen et coll., 2023
; Vignali et coll., 2023
; Vasireddi et coll., 2025
). Parmi les principales substances consommées, on retrouve, par ordre de fréquence, le ligandrol (LGD-4033), le testolone (RAD140) et l’enobosarm (ostarine). Les posologies et durées de consommations sont variables d’un cas à l’autre, mais les atteintes hépatiques semblent généralement survenir après 6-7 semaines d’une consommation quotidienne de SARM. Les tableaux cliniques rapportés sont ceux d’une cholestase hépatique biologique, avec une augmentation de la bilirubine et des PAL, et une augmentation inconstante des transaminases (Koller et coll., 2021
). Si différentes techniques d’imagerie, telles que l’échographie, la tomodensitométrie (TDM) et l’imagerie par résonance magnétique (IRM), sont souvent peu contributives, des anomalies histologiques sont unanimement retrouvées par biopsie hépatique (Barbara et coll., 2020b
; Demangone et coll., 2024
). Cette dernière consiste généralement en une atteinte cholestatique centro-lobulaire, avec inflammation lobulaire et fibrose (Barbara et coll., 2020a
; Bedi et coll., 2021
; Arayangkool et coll., 2023
). Après prise en charge médicale et arrêt de la consommation de SARM, les perturbations clinico-biologiques semblent se résoudre dans un délai de 3-6 mois. Presque une vingtaine de cas sont ainsi rapportés, faisant mention d’un tableau de cholestase hépatique suite à une consommation de SARM. Là encore, si les données des effets délétères des SARM dans le dopage sportif sont encore rares et de faible niveau de preuve (Miklos et coll., 2018
), il existe de plus en plus d’arguments pour incriminer ces substances dans un nombre non négligeable d’atteintes hépatiques (Mohideen et coll., 2023
; Vignali et coll., 2023
).
; Mohideen et coll., 2023
; Vignali et coll., 2023
; Vasireddi et coll., 2025
). Parmi les principales substances consommées, on retrouve, par ordre de fréquence, le ligandrol (LGD-4033), le testolone (RAD140) et l’enobosarm (ostarine). Les posologies et durées de consommations sont variables d’un cas à l’autre, mais les atteintes hépatiques semblent généralement survenir après 6-7 semaines d’une consommation quotidienne de SARM. Les tableaux cliniques rapportés sont ceux d’une cholestase hépatique biologique, avec une augmentation de la bilirubine et des PAL, et une augmentation inconstante des transaminases (Koller et coll., 2021
). Si différentes techniques d’imagerie, telles que l’échographie, la tomodensitométrie (TDM) et l’imagerie par résonance magnétique (IRM), sont souvent peu contributives, des anomalies histologiques sont unanimement retrouvées par biopsie hépatique (Barbara et coll., 2020b
; Demangone et coll., 2024
). Cette dernière consiste généralement en une atteinte cholestatique centro-lobulaire, avec inflammation lobulaire et fibrose (Barbara et coll., 2020a
; Bedi et coll., 2021
; Arayangkool et coll., 2023
). Après prise en charge médicale et arrêt de la consommation de SARM, les perturbations clinico-biologiques semblent se résoudre dans un délai de 3-6 mois. Presque une vingtaine de cas sont ainsi rapportés, faisant mention d’un tableau de cholestase hépatique suite à une consommation de SARM. Là encore, si les données des effets délétères des SARM dans le dopage sportif sont encore rares et de faible niveau de preuve (Miklos et coll., 2018
), il existe de plus en plus d’arguments pour incriminer ces substances dans un nombre non négligeable d’atteintes hépatiques (Mohideen et coll., 2023
; Vignali et coll., 2023
).Péliose hépatique
La péliose hépatique, une maladie rare caractérisée par une dilatation kystique des espaces sinusoïdaux remplis de sang, est également une complication rapportée dans la littérature comme conséquence d’un dopage aux stéroïdes anabolisants (Modlinski et Fields, 2006
). Toutefois, les données reposent très majoritairement sur des résultats provenant d’études de cas cliniques ou animales (Modlinski et Fields, 2006
; Neri et coll., 2011
). Il n’existe en fait que de très rares cas documentés chez le sportif, comme chez ce bodybuilder de 27 ans chez qui une péliose hépatique a été attribuée à une consommation chronique intermittente de stéroïdes anabolisants (Cabasso, 1994
). Une péliose hépatique a aussi été incriminée dans 2 autres cas rapportés d’hémorragie intrapéritonéale chez des bodybuilders consommateurs de stéroïdes (Bagheri et Boyer, 1974
). L’utilisation combinée de clenbutérol et d’éphédrine chez ce bodybuilder de 32 ans a également été suspectée d’être à l’origine d’une péliose hépatique (Mascagni et coll., 2018
). Plus récemment, 2 autres cas de péliose hépatique ont été également rapportés chez des sportifs de 20 et 31 ans, ayant eu recours à une polyconsommation de stéroïdes anabolisants. L’apport de l’imagerie médicale dans le diagnostic et de l’angiographie interventionnelle (avec embolisation) dans la prise en charge thérapeutique ont permis une prise en charge optimale dans ces cas (Hegde et coll., 2024
).
). Toutefois, les données reposent très majoritairement sur des résultats provenant d’études de cas cliniques ou animales (Modlinski et Fields, 2006
; Neri et coll., 2011
). Il n’existe en fait que de très rares cas documentés chez le sportif, comme chez ce bodybuilder de 27 ans chez qui une péliose hépatique a été attribuée à une consommation chronique intermittente de stéroïdes anabolisants (Cabasso, 1994
). Une péliose hépatique a aussi été incriminée dans 2 autres cas rapportés d’hémorragie intrapéritonéale chez des bodybuilders consommateurs de stéroïdes (Bagheri et Boyer, 1974
). L’utilisation combinée de clenbutérol et d’éphédrine chez ce bodybuilder de 32 ans a également été suspectée d’être à l’origine d’une péliose hépatique (Mascagni et coll., 2018
). Plus récemment, 2 autres cas de péliose hépatique ont été également rapportés chez des sportifs de 20 et 31 ans, ayant eu recours à une polyconsommation de stéroïdes anabolisants. L’apport de l’imagerie médicale dans le diagnostic et de l’angiographie interventionnelle (avec embolisation) dans la prise en charge thérapeutique ont permis une prise en charge optimale dans ces cas (Hegde et coll., 2024
).Atteintes pancréatiques
Concernant le système digestif, en plus des atteintes hépatiques décrites ci-haut, quelques cas rares d’atteintes pancréatiques sont également rapportés en lien avec la consommation de stéroïdes anabolisants. Ainsi, un diagnostic de pancréatite aiguë a été retenu chez un bodybuilder de 31 ans ayant recours à une polyconsommation de substances dopantes, avec un bilan pancréatique évocateur (amylase=525 UI/L ; lipase=50 UI/L ; œdème du corps et de la queue du pancréas à la tomodensitométrie) (Safizadeh Shabestari et coll., 2022
). Plusieurs épisodes de pancréatites aiguës ont été rapportés chez un jeune homme de 24 ans qui avait recours au trenbolone, un stéroïde anabolisant, afin d’augmenter sa masse musculaire. Lors du dernier épisode, l’association d’un tableau clinique caractéristique, d’une biologie fortement perturbée (lipase>3 000 UI/L) et de la reconstruction de l’histoire de la consommation de trenbolone a conduit à incriminer cette substance dans la survenue de la maladie (Kumar et coll., 2019
). Enfin, un autre cas a été rapporté chez un militaire de 20 ans qui a présenté un épisode de pancréatite aiguë (amylase=287 UI/L ; lipase=909 UI/L) suite à une consommation de 6 semaines d’un complément alimentaire contenant des stéroïdes anabolisants (Liane et Magee, 2016
).
). Plusieurs épisodes de pancréatites aiguës ont été rapportés chez un jeune homme de 24 ans qui avait recours au trenbolone, un stéroïde anabolisant, afin d’augmenter sa masse musculaire. Lors du dernier épisode, l’association d’un tableau clinique caractéristique, d’une biologie fortement perturbée (lipase>3 000 UI/L) et de la reconstruction de l’histoire de la consommation de trenbolone a conduit à incriminer cette substance dans la survenue de la maladie (Kumar et coll., 2019
). Enfin, un autre cas a été rapporté chez un militaire de 20 ans qui a présenté un épisode de pancréatite aiguë (amylase=287 UI/L ; lipase=909 UI/L) suite à une consommation de 6 semaines d’un complément alimentaire contenant des stéroïdes anabolisants (Liane et Magee, 2016
).Atteintes cutanéo-muqueuses
Des atteintes cutanées sont également décrites dans la littérature dans un contexte de dopage sportif (Walker et Adams, 2009
). Elles sont diverses et de sévérité variable allant de l’acné à la surinfection cutanée du site d’injection de la substance dopante. Là encore, les stéroïdes anabolisants sont les substances les plus souvent incriminées avec une distinction entre les atteintes cutanées liées au dopage aux stéroïdes, et celles exacerbées par la consommation de stéroïdes (c’est-à-dire aggravant des lésions cutanées préexistantes) (Walker et Adams, 2009
; Navidinia et Ebadi, 2017
).
). Elles sont diverses et de sévérité variable allant de l’acné à la surinfection cutanée du site d’injection de la substance dopante. Là encore, les stéroïdes anabolisants sont les substances les plus souvent incriminées avec une distinction entre les atteintes cutanées liées au dopage aux stéroïdes, et celles exacerbées par la consommation de stéroïdes (c’est-à-dire aggravant des lésions cutanées préexistantes) (Walker et Adams, 2009
; Navidinia et Ebadi, 2017
).Dans une étude comparant des prélèvements cutanés de 71 bodybuilders masculins consommateurs réguliers de stéroïdes anabolisants à 23 bodybuilders non consommateurs et à 46 sujets contrôles, les auteurs retrouvent plus de lésions cutanées (papules et pustules ; p<0,05) et une colonisation bactérienne cutanée à Propionibacterium acnes plus fréquente (p<0,001) chez ces sportifs ayant recours aux stéroïdes (Zomorodian et coll., 2015
).
).L’acné est une atteinte cutanée fréquemment rapportée, et retrouvée dans 27,3 % des cas dans une étude rétrospective danoise réalisée entre 2006 et 2018, chez 545 sportifs (salle de sport/fitness) masculins contrôlés positifs à des stéroïdes anabolisants (Horwitz et coll., 2019
). Une acné évoluant en acné fulminante a été décrite chez un jeune bodybuilder amateur de 22 ans ayant une consommation avouée de multiples stéroïdes anabolisants (énanthate de testostérone, acétate de trenbolone, propionate de drostanolone, et méthandrosténolone) après une durée de 3 mois (Kraus et coll., 2012
). Un autre cas, toujours chez un bodybuilder de 29 ans, rapporte la survenue d’une acné vulgaire après 3 semaines de consommation de stéroïde anabolisant (injection bi-hebdomadaire de nandrolone), acutisée en acné fulminante 3 mois après le début de la consommation (Collins et Cotterill, 1995
). D’autres cas rapportent également la survenue première d’une acné fulminante ou conglobata sans prémices d’une acné vulgaire. C’est le cas chez ce bodybuilder de 31 ans qui a présenté une acné fulminante dans les suites d’injections intramusculaires de testostérone (Perez et coll., 2016
). Si l’acné constitue l’atteinte cutanée la plus régulièrement rapportée dans un contexte de dopage sportif, d’autres lésions cutanéo-muqueuses sont également occasionnellement décrites.
). Une acné évoluant en acné fulminante a été décrite chez un jeune bodybuilder amateur de 22 ans ayant une consommation avouée de multiples stéroïdes anabolisants (énanthate de testostérone, acétate de trenbolone, propionate de drostanolone, et méthandrosténolone) après une durée de 3 mois (Kraus et coll., 2012
). Un autre cas, toujours chez un bodybuilder de 29 ans, rapporte la survenue d’une acné vulgaire après 3 semaines de consommation de stéroïde anabolisant (injection bi-hebdomadaire de nandrolone), acutisée en acné fulminante 3 mois après le début de la consommation (Collins et Cotterill, 1995
). D’autres cas rapportent également la survenue première d’une acné fulminante ou conglobata sans prémices d’une acné vulgaire. C’est le cas chez ce bodybuilder de 31 ans qui a présenté une acné fulminante dans les suites d’injections intramusculaires de testostérone (Perez et coll., 2016
). Si l’acné constitue l’atteinte cutanée la plus régulièrement rapportée dans un contexte de dopage sportif, d’autres lésions cutanéo-muqueuses sont également occasionnellement décrites.La survenue de chéloïde a ainsi été suspectée suite à l’usage de stéroïdes (ingestion orale et injection intra-musculaire) chez des bodybuilders et un joueur de hockey sur glace en suggérant des effets des stéroïdes sur le métabolisme du collagène (Scott, Jr. et coll., 1994
).
).Une étude suspecte également une atteinte des muqueuses plus fréquente chez des sportifs. Cette étude, comparant 24 sportifs pratiquant le bodybuilding ou l’haltérophilie (âgés de 17 à 29 ans et déclarant consommer des stéroïdes depuis plus de 12 mois) à 20 bodybuilders non consommateurs, retrouve plus de gingivopathies et de déchaussement gingival chez les consommateurs de stéroïdes (Ozcelik et coll., 2006
).
).Les stéroïdes anabolisants ont été suspectés d’exacerber d’autres pathologies dermatologiques. C’est le cas chez un bodybuilder (avec un psoriasis initialement bien contrôlé par un traitement topique) qui a présenté d’une part une exacerbation de son psoriasis de façon contemporaine de l’initiation d’une prise de stéroïdes anabolisants, et d’autre part une résistance aux traitements topiques initialement efficaces. Avec l’arrêt des stéroïdes, la pathologie psoriasique s’est ensuite stabilisée, faisant ainsi évoquer aux auteurs un possible lien entre exacerbation d’un psoriasis et dopage sportif aux stéroïdes (Lear et English, 1996
).
).Enfin, un cas de syndrome de Stevens-Johnson a été rapporté chez un bodybuilder de compétition de 41 ans, consommateur de stéroïdes anabolisants par voie injectable. Douze heures après la dernière injection, il a présenté des lésions érythémateuses maculo-papuleuses et vésiculeuses sur tout le corps avec érosion et ulcération cutanéo-muqueuses (Cocca et Viviano, 2017
).
).Infections
Des complications cutanées secondaires à l’utilisation de stéroïdes anabolisants sont décrites chez des sportifs ayant recours à une consommation par voie injectable, avec des dispositifs (aiguille, seringue) non stériles ou bien dans des conditions d’asepsie non respectées. Dans une étude réalisée entre 2010 et 2011 sur 366 hommes pratiquant des sports de force et ayant eu recours à l’usage de substances dopantes (86 % stéroïdes anabolisants ; 32 % hormone de croissance ; 16 % hormone chorionique gonadotrope humaine) par voie injectable (88 % intra-musculaire et 39 % sous-cutanée), les auteurs rapportent des épisodes de rougeur, d’œdème ou de douleur dans 42 % des cas. Les auteurs rapportent également 6,8 % d’abcès ou de plaies ouvertes (Hope et coll., 2015
). Des cas d’infections du site d’injection sont rapportés, pouvant avoir de lourdes conséquences avec recours à la chirurgie. C’est par exemple le cas chez ce bodybuilder de 35 ans qui a présenté une perte de substance cutanéo-muqueuse conséquente (max=4 cm×6,5 cm) avec nécrose cutanée et sepsis au niveau des sites d’injection (muscle glutéal) des stéroïdes qu’il consommait. Une chirurgie de débridement et de reconstruction a permis une cicatrisation complète (Friedman et coll., 2016
). Un cas d’arthrite septique (à Staphylococcus aureus) chez un bodybuilder de compétition de 30 ans a été suspecté dans les suites d’injections intra-musculaires (vaste médial) de stéroïdes (Evans, 1997
). Un cas fatal de myofasciite nécrosante de la cuisse gauche a été rapporté chez un athlète de 31 ans consommateur de stéroïdes anabolisants par voie injectable. Les analyses histologiques ont révélé de multiples atteintes de la fibre musculaire telles que l’infiltration cellulaire majeure au niveau du périmysium et entre les fibres musculaires, et la désorganisation de la structure musculaire avec débris cellulaires et lésions myofibrillaires (Bertozzi et coll., 2019
). D’autres sites d’injections sont parfois décrits comme porte d’entrée à une infection comme dans ce cas d’abcès à Staphylococcus epidermidis des corps caverneux chez ce bodybuilder de 38 ans ayant recours à des stéroïdes (nandrolone et stanozolol) depuis plus de 10 ans (Tuzel, 2015
).
). Des cas d’infections du site d’injection sont rapportés, pouvant avoir de lourdes conséquences avec recours à la chirurgie. C’est par exemple le cas chez ce bodybuilder de 35 ans qui a présenté une perte de substance cutanéo-muqueuse conséquente (max=4 cm×6,5 cm) avec nécrose cutanée et sepsis au niveau des sites d’injection (muscle glutéal) des stéroïdes qu’il consommait. Une chirurgie de débridement et de reconstruction a permis une cicatrisation complète (Friedman et coll., 2016
). Un cas d’arthrite septique (à Staphylococcus aureus) chez un bodybuilder de compétition de 30 ans a été suspecté dans les suites d’injections intra-musculaires (vaste médial) de stéroïdes (Evans, 1997
). Un cas fatal de myofasciite nécrosante de la cuisse gauche a été rapporté chez un athlète de 31 ans consommateur de stéroïdes anabolisants par voie injectable. Les analyses histologiques ont révélé de multiples atteintes de la fibre musculaire telles que l’infiltration cellulaire majeure au niveau du périmysium et entre les fibres musculaires, et la désorganisation de la structure musculaire avec débris cellulaires et lésions myofibrillaires (Bertozzi et coll., 2019
). D’autres sites d’injections sont parfois décrits comme porte d’entrée à une infection comme dans ce cas d’abcès à Staphylococcus epidermidis des corps caverneux chez ce bodybuilder de 38 ans ayant recours à des stéroïdes (nandrolone et stanozolol) depuis plus de 10 ans (Tuzel, 2015
).À l’instar de la consommation de drogues récréatives par voie intraveineuse, l’utilisation par des sportifs de stéroïdes anabolisants ou d’autres substances visant à améliorer les performances (SAP) par voie injectable comporte un risque évident d’infections transmissibles par le sang (par exemple, VIH, VHC ou VHB). Une revue systématique sur les profils des usagers de SAP par voie injectable a mis en évidence une population hétérogène, avec des profils démographiques et des modes d’utilisation variés, qui est exposée à ce risque (Brennan et coll., 2017
). S’il est très difficile d’avoir des données chiffrées précises sur les risques connus d’infections transmissibles d’une utilisation de substances dopantes par voie injectable (Hope et coll., 2022
), le risque d’infection par le VHB, le VHC ou le VIH semble augmenté par rapport à la population générale (Hope et coll., 2013
et 2016
). Certaines études font même une comparaison de ce risque d’infections transmissibles par voie injectable entre une population d’utilisateurs ayant recours à des substances dopantes et une population de toxicomanes avec un risque d’infection au VIH similaire en Angleterre (Hope et coll., 2013
). Si ces dernières études font bien référence à l’utilisation injectable de substances dopantes, elles ne mentionnent toutefois pas les pratiques/comportements sportifs des utilisateurs, devant ainsi inviter à la prudence quant à une extrapolation au monde sportif.
). S’il est très difficile d’avoir des données chiffrées précises sur les risques connus d’infections transmissibles d’une utilisation de substances dopantes par voie injectable (Hope et coll., 2022
), le risque d’infection par le VHB, le VHC ou le VIH semble augmenté par rapport à la population générale (Hope et coll., 2013
et 2016
). Certaines études font même une comparaison de ce risque d’infections transmissibles par voie injectable entre une population d’utilisateurs ayant recours à des substances dopantes et une population de toxicomanes avec un risque d’infection au VIH similaire en Angleterre (Hope et coll., 2013
). Si ces dernières études font bien référence à l’utilisation injectable de substances dopantes, elles ne mentionnent toutefois pas les pratiques/comportements sportifs des utilisateurs, devant ainsi inviter à la prudence quant à une extrapolation au monde sportif.Atteintes musculo-squelettiques
Les lésions musculo-tendineuses sont également fréquemment évoquées en cas de dopage sportif (Nikolopoulos et coll., 2011
) avec des éléments en faveur d’une altération de la structure et de la fonction musculaire (Eriksson et coll., 2005
; Yu et coll., 2014
, 2020
). Le recours à la prise de stéroïdes anabolisants chez le sportif est généralement motivé par le désir d’augmenter son capital musculaire avec des effets bien documentés d’une telle prise de substance sur la fonction musculaire (Bhasin et coll., 1996
; Bond et coll., 2022
). Si ces études suggèrent qu’une telle pratique est pourvoyeuse d’une majoration des atteintes musculaires, les cas rapportés restent rares.
) avec des éléments en faveur d’une altération de la structure et de la fonction musculaire (Eriksson et coll., 2005
; Yu et coll., 2014
, 2020
). Le recours à la prise de stéroïdes anabolisants chez le sportif est généralement motivé par le désir d’augmenter son capital musculaire avec des effets bien documentés d’une telle prise de substance sur la fonction musculaire (Bhasin et coll., 1996
; Bond et coll., 2022
). Si ces études suggèrent qu’une telle pratique est pourvoyeuse d’une majoration des atteintes musculaires, les cas rapportés restent rares.Des cas de rhabdomyolyses ont été rapportés dans les suites d’un dopage sportif. C’est le cas chez cet athlète de 20 ans ayant eu recours à une consommation régulière d’hormone de croissance humaine sur une période de 2 ans, qui a présenté une importante rhabdomyolyse avec un taux de créatine phosphokinase de 2 620 UI/L (CPK ; la plage de référence étant entre 39 et 308 UI/L) dans un contexte de défaillance polyviscérale ayant conduit au décès du sportif (Erfanifar et coll., 2022
). Un lien avec le dopage aux stéroïdes anabolisants a également été mis en évidence, comme chez ce bodybuilder amateur de 39 ans qui a présenté une rhabdomyolyse de son muscle deltoïde droit en regard de son site d’injection de stéroïdes. Les examens complémentaires ont révélé une forte augmentation des CPK (18 200 UI/L ; valeur normale<195 UI/L) associée à un œdème du deltoïde à l’IRM (Farkash et coll., 2009
). D’autres cas de rhabdomyolyses ont été rapportés dans des contextes similaires (Braseth et coll., 2001
). Le clenbutérol a également été incriminé dans un cas de rhabdomyolyse chez ce bodybuilder de 29 ans avec augmentation massive des CPK (CPK=122 933 UI/L) (Grimmer et coll., 2016
). La cardarine et l’ostarine ont été incriminées dans un cas de rhabdomyolyse (Kintz et coll., 2021
), tout comme l’éphédrine chez une bodybuildeuse de 36 ans (Bates et Baylis, 2006
).
). Un lien avec le dopage aux stéroïdes anabolisants a également été mis en évidence, comme chez ce bodybuilder amateur de 39 ans qui a présenté une rhabdomyolyse de son muscle deltoïde droit en regard de son site d’injection de stéroïdes. Les examens complémentaires ont révélé une forte augmentation des CPK (18 200 UI/L ; valeur normale<195 UI/L) associée à un œdème du deltoïde à l’IRM (Farkash et coll., 2009
). D’autres cas de rhabdomyolyses ont été rapportés dans des contextes similaires (Braseth et coll., 2001
). Le clenbutérol a également été incriminé dans un cas de rhabdomyolyse chez ce bodybuilder de 29 ans avec augmentation massive des CPK (CPK=122 933 UI/L) (Grimmer et coll., 2016
). La cardarine et l’ostarine ont été incriminées dans un cas de rhabdomyolyse (Kintz et coll., 2021
), tout comme l’éphédrine chez une bodybuildeuse de 36 ans (Bates et Baylis, 2006
).Une dizaine d’études de cas rapportent des effets néfastes à la suite d’injections intramusculaires de divers composés tels que des huiles, du synthol, ou de la paraffine. Cette pratique, désignée couramment par le terme « cosmetic doping », est utilisée principalement par des culturistes cherchant à augmenter le volume musculaire et à améliorer la définition des muscles pour des raisons esthétiques. Une revue et une étude de série de cas récentes font le bilan des pathologies associées à cette pratique rare, notamment des lésions musculaires (parfois irréversibles), ainsi que des lipogranulomes, des infections, des ulcères et des abcès (Sisti et coll., 2020
; Obed et coll., 2022
).
; Obed et coll., 2022
).Dans une importante étude s’intéressant à des sportifs de haut niveau suédois (lutte, haltérophilie, lancer de marteau, lancer de disque, lancer de javelot) entre 1960 et 1979, les sportifs ayant déclaré une consommation de stéroïdes anabolisants (n=143) ont également rapporté une incidence de rupture tendineuse plus importante que les sportifs n’ayant pas déclaré recourir aux stéroïdes (n=540 ; 44,8 % versus 33,4 % ; p=0,01) (Lindqvist et coll., 2017
). Dans une autre étude portant sur 142 bodybuilders âgés de 35 à 55 ans, le pourcentage de participants ayant rapporté au moins une rupture tendineuse sur la vie entière était significativement plus élevé chez les sujets déclarant au moins deux ans d’utilisation cumulative de stéroïdes comparé aux non-utilisateurs (respectivement 22 % versus 6 %), comme l’était le risque relatif d’une première rupture dans cette population (HR=9,0 ; IC 95 % [2,5-32,3] ; p<0,001) (Kanayama et coll., 2015
). Un cas de rupture bilatérale du tendon d’Achilles a également été rapporté chez un bodybuilder de 36 ans dans les suites d’une consommation de SARM1
(ostarine, cardarine) avec un probable lien de causalité (Gould et coll., 2021
).
). Dans une autre étude portant sur 142 bodybuilders âgés de 35 à 55 ans, le pourcentage de participants ayant rapporté au moins une rupture tendineuse sur la vie entière était significativement plus élevé chez les sujets déclarant au moins deux ans d’utilisation cumulative de stéroïdes comparé aux non-utilisateurs (respectivement 22 % versus 6 %), comme l’était le risque relatif d’une première rupture dans cette population (HR=9,0 ; IC 95 % [2,5-32,3] ; p<0,001) (Kanayama et coll., 2015
). Un cas de rupture bilatérale du tendon d’Achilles a également été rapporté chez un bodybuilder de 36 ans dans les suites d’une consommation de SARM1
(ostarine, cardarine) avec un probable lien de causalité (Gould et coll., 2021
).Enfin, certains ont avancé que le dopage sportif pourrait être associé à un risque accru d’ostéoporose (Menafra et coll., 2020
). Il existe un support théorique indéniable d’une atteinte de la santé osseuse en cas de dopage sportif, en raison des mécanismes d’actions connus de nombreuses substances figurant sur la Liste des substances et méthodes interdites de l’AMA. C’est notamment le cas des stéroïdes anabolisants, des inhibiteurs de l’aromatase, de l’hormone de croissance, des β-2 agonistes ou des glucocorticoïdes dont on connaît les effets sur la minéralisation osseuse. Toutefois, les données de la littérature proviennent d’études de recherche clinique chez des patients et non chez des sportifs consommateurs de ces substances (Carson et Manolagas, 2015
; Compston, 2018
). L’ostéoporose en tant que conséquence délétère du dopage sportif reste à être validée scientifiquement, et doit donc être considérée comme une extrapolation possible des données de la littérature.
). Il existe un support théorique indéniable d’une atteinte de la santé osseuse en cas de dopage sportif, en raison des mécanismes d’actions connus de nombreuses substances figurant sur la Liste des substances et méthodes interdites de l’AMA. C’est notamment le cas des stéroïdes anabolisants, des inhibiteurs de l’aromatase, de l’hormone de croissance, des β-2 agonistes ou des glucocorticoïdes dont on connaît les effets sur la minéralisation osseuse. Toutefois, les données de la littérature proviennent d’études de recherche clinique chez des patients et non chez des sportifs consommateurs de ces substances (Carson et Manolagas, 2015
; Compston, 2018
). L’ostéoporose en tant que conséquence délétère du dopage sportif reste à être validée scientifiquement, et doit donc être considérée comme une extrapolation possible des données de la littérature.Atteintes rénales
Sous réserve des mêmes précautions que pour les atteintes hépatiques (c’est-à-dire études peu nombreuses, de faible niveau de preuve, extrapolation à partir d’études animales et/ou cliniques non conduites chez des sportifs), les atteintes rénales sont également fréquemment suspectées en cas de dopage sportif, là encore, incriminant de nombreuses substances figurant sur la Liste des interdictions de l’AMA. Ainsi, il est souvent très difficile d’isoler la causalité (directe ou indirecte) de l’une ou l’autre des substances dans l’atteinte rénale décrite, d’autant plus que de nombreux autres facteurs peuvent également influer sur la fonction rénale (comme le niveau d’hydratation, par exemple).
La plupart des données concernant les atteintes rénales proviennent d’études histologiques réalisées sur des modèles animaux (rats, souris) avec des descriptions d’atteintes glomérulaires et tubulaires allant jusqu’à la fibrose ou la nécrose rénale suite à une administration de stéroïdes anabolisants (D’Errico et coll., 2011
; Riezzo et coll., 2014
; Brasil et coll., 2015
; Dornelles et coll., 2017
).
; Riezzo et coll., 2014
; Brasil et coll., 2015
; Dornelles et coll., 2017
).Des perturbations de la fonction rénale sont décrites dans des populations sportives ayant recours à des substances figurant sur la liste de l’AMA (Davani-Davari et coll., 2019
; Parente Filho et coll., 2020
; Tidmas et coll., 2022
). Ces atteintes sont de sévérité très variable, allant d’une atteinte bénigne de la fonction rénale (Smit et coll., 2022
) au tableau d’insuffisance rénale aiguë entraînant parfois une défaillance multiviscérale et nécessité de recours à la dialyse voire à la transplantation d’organe (Hartung et coll., 2001
; Gollasch et coll., 2018
). Si les stéroïdes anabolisants dans une population sportive de bodybuilders sont les cas les plus fréquemment rapportés dans la littérature, il convient d’être prudent quant aux extrapolations de relations directes que l’on pourrait en faire car dans la quasi-totalité des études, les schémas de consommation de stéroïdes anabolisants sont très variables et associés à la prise d’autres substances (principalement protéines, créatine et vitamines) pouvant également être incriminées dans l’atteinte rénale décrite.
; Parente Filho et coll., 2020
; Tidmas et coll., 2022
). Ces atteintes sont de sévérité très variable, allant d’une atteinte bénigne de la fonction rénale (Smit et coll., 2022
) au tableau d’insuffisance rénale aiguë entraînant parfois une défaillance multiviscérale et nécessité de recours à la dialyse voire à la transplantation d’organe (Hartung et coll., 2001
; Gollasch et coll., 2018
). Si les stéroïdes anabolisants dans une population sportive de bodybuilders sont les cas les plus fréquemment rapportés dans la littérature, il convient d’être prudent quant aux extrapolations de relations directes que l’on pourrait en faire car dans la quasi-totalité des études, les schémas de consommation de stéroïdes anabolisants sont très variables et associés à la prise d’autres substances (principalement protéines, créatine et vitamines) pouvant également être incriminées dans l’atteinte rénale décrite.Une élévation des concentrations plasmatiques d’urée et de créatinine plasmatique a été observée dans un groupe de bodybuilders, consommateurs réguliers de stéroïdes anabolisants, par rapport à un groupe contrôle sans pour autant que ces valeurs atteignent les critères admis d’une authentique atteinte de la fonction rénale (Bento et coll., 2015
; Abdulhadi et coll., 2018
). D’autres travaux ne retrouvent une perturbation de la fonction rénale qu’après une consommation régulière et plus prolongée (2 prises/semaine sur une période d’au moins 30 mois) de stéroïdes anabolisants (Almaiman et coll., 2019
).
; Abdulhadi et coll., 2018
). D’autres travaux ne retrouvent une perturbation de la fonction rénale qu’après une consommation régulière et plus prolongée (2 prises/semaine sur une période d’au moins 30 mois) de stéroïdes anabolisants (Almaiman et coll., 2019
).Certaines études permettent de préciser un peu plus la nature des lésions rénales suspectées en lien avec une consommation de substances interdites grâce à l’apport de l’histologie. Dans une étude portant sur 22 bodybuilders consommateurs de stéroïdes anabolisants et/ou d’hormones de croissance, en sus d’un régime riche en protéine, les auteurs ont pu mettre en évidence différentes atteintes rénales sur la base des analyses histologiques des biopsies rénales réalisées (El-Reshaid et coll., 2018
). Les atteintes rénales identifiées étaient : glomérulosclérose segmentaire et focale (8 cas), néphroangiosclérose (4 cas), néphrite interstitielle chronique (3 cas) ou aiguë (2 cas), néphrocalcinose (2 cas) et 3 cas isolés d’atteintes glomérulaires. Les atteintes segmentaires et focales étaient retrouvées chez les bodybuilders ayant eu la plus longue durée de consommation de substances interdites. Dans une autre étude, les résultats de biopsies rénales effectuées sur une période de 9 ans dans une population de bodybuilders ayant eu recours à une consommation non exclusive de stéroïdes anabolisants (c’est-à-dire également associée à la prise d’autres substances interdites, de créatine ou de vitamine D) retrouvent des atteintes rénales à type de nécrose tubulaire aiguë (7 cas), néphrite tubulointerstitielle (1 cas), glomérulosclérose segmentaire et focale (2 cas), glomérulonéphrite post-infectieuse (1 cas) et néphrocalcinose (2 cas). La comparaison avec la population générale ne retrouve toutefois pas de différence d’incidence de ces atteintes rénales, à l’exception de la néphrocalcinose semblant plus fréquente chez les bodybuilders ayant déclaré une consommation de stéroïdes (Ali et coll., 2020
). Toujours dans une population de bodybuilders, Almukhtar et coll. (2015
) documentent 4 cas de nécrose tubulaire aiguë (avec fibrose interstitielle et atrophie tubulaire) dans un contexte de prise de stéroïdes anabolisants (associée à une consommation de protéines, créatine et vitamine D) avec retour à une fonction rénale normale 4 semaines après l’arrêt de la consommation. Herlitz et coll. (2010
) ont également pu mettre en évidence une glomérulosclérose segmentaire et focale chez 10 bodybuilders consommateurs de stéroïdes anabolisants et de protéines. La présentation clinique de ces atteintes est également très variable avec parfois d’authentiques tableaux réanimatoires comme chez ces 2 cas avec une insuffisance rénale aiguë sur néphrite interstitielle inflammatoire et nécrose tubulaire aiguë, là encore dans un contexte de prise de stéroïdes et de vitamines (Daher et coll., 2009
).
). Les atteintes rénales identifiées étaient : glomérulosclérose segmentaire et focale (8 cas), néphroangiosclérose (4 cas), néphrite interstitielle chronique (3 cas) ou aiguë (2 cas), néphrocalcinose (2 cas) et 3 cas isolés d’atteintes glomérulaires. Les atteintes segmentaires et focales étaient retrouvées chez les bodybuilders ayant eu la plus longue durée de consommation de substances interdites. Dans une autre étude, les résultats de biopsies rénales effectuées sur une période de 9 ans dans une population de bodybuilders ayant eu recours à une consommation non exclusive de stéroïdes anabolisants (c’est-à-dire également associée à la prise d’autres substances interdites, de créatine ou de vitamine D) retrouvent des atteintes rénales à type de nécrose tubulaire aiguë (7 cas), néphrite tubulointerstitielle (1 cas), glomérulosclérose segmentaire et focale (2 cas), glomérulonéphrite post-infectieuse (1 cas) et néphrocalcinose (2 cas). La comparaison avec la population générale ne retrouve toutefois pas de différence d’incidence de ces atteintes rénales, à l’exception de la néphrocalcinose semblant plus fréquente chez les bodybuilders ayant déclaré une consommation de stéroïdes (Ali et coll., 2020
). Toujours dans une population de bodybuilders, Almukhtar et coll. (2015
) documentent 4 cas de nécrose tubulaire aiguë (avec fibrose interstitielle et atrophie tubulaire) dans un contexte de prise de stéroïdes anabolisants (associée à une consommation de protéines, créatine et vitamine D) avec retour à une fonction rénale normale 4 semaines après l’arrêt de la consommation. Herlitz et coll. (2010
) ont également pu mettre en évidence une glomérulosclérose segmentaire et focale chez 10 bodybuilders consommateurs de stéroïdes anabolisants et de protéines. La présentation clinique de ces atteintes est également très variable avec parfois d’authentiques tableaux réanimatoires comme chez ces 2 cas avec une insuffisance rénale aiguë sur néphrite interstitielle inflammatoire et nécrose tubulaire aiguë, là encore dans un contexte de prise de stéroïdes et de vitamines (Daher et coll., 2009
).De façon plus anecdotique, un cas d’infarctus rénal chez un bodybuilder amateur de 43 ans a été décrit, avec pour seule hypothèse diagnostique la consommation de multiples stéroïdes anabolisants sur une période de 5 ans (Colburn et coll., 2017
). De même, une évaluation échographique de l’anatomie rénale chez 22 bodybuilders consommateurs réguliers de stéroïdes anabolisants, suggère une atteinte de la fonction rénale sur la base d’une augmentation du volume rénal et de l’épaisseur corticale par rapport aux sujets contrôles (Kantarci et coll., 2018
).
). De même, une évaluation échographique de l’anatomie rénale chez 22 bodybuilders consommateurs réguliers de stéroïdes anabolisants, suggère une atteinte de la fonction rénale sur la base d’une augmentation du volume rénal et de l’épaisseur corticale par rapport aux sujets contrôles (Kantarci et coll., 2018
).Conclusion
Le dopage sportif peut avoir de multiples effets délétères sur la santé, à l’origine de diverses atteintes d’organes et de systèmes. Les données de la littérature concernant cette problématique doivent être analysées et interprétées avec prudence en raison de la très grande diversité des substances et méthodes utilisées, des durées très variables de consommations et des multiples protocoles, posologies et voies d’administrations rapportés. De plus, la qualité méthodologique des études disponibles est souvent faible avec de fréquentes extrapolations issues d’études expérimentales ou de la recherche clinique.
Ces considérations rappelées, les principales pathologies rapportées dans un contexte de dopage sportif intéressent les systèmes digestif et rénal, l’appareil cutanéo-muqueux, les muscles, le squelette ainsi que les infections. Si la plupart de ces pathologies en lien avec un dopage sportif sont souvent bénignes et réversibles, d’autres peuvent occasionnellement évoluer plus rapidement et engager le pronostic vital. Concernant le foie, les atteintes les plus fréquemment rapportées sont la cytolyse hépatique, la cholestase hépatique, et la péliose hépatique. Toujours au niveau du système digestif, quelques cas de pancréatites aiguës sont également rapportés. Les atteintes cutanées sont essentiellement représentées par la survenue ou l’exacerbation d’acné avec quelques cas de chéloïdes ou de psoriasis. Des atteintes muqueuses gingivales sont aussi évoquées. En cas de consommation de substances dopantes par voies injectables, des complications infectieuses allant de l’infection à l’abcès du site d’injection jusqu’à la contamination par le VIH, VHB ou VHC ont aussi été rapportées. Les lésions musculo-tendineuses sont essentiellement représentées par des épisodes de rhabdomyolyse et des lésions tendineuses. L’ostéoporose est également occasionnellement rapportée. Enfin, concernant l’appareil rénal, les atteintes vont de l’atteinte bénigne avec légère perturbation de la fonction rénale jusqu’au tableau d’insuffisance rénale aiguë avec recours à la dialyse.
Les études disponibles quant aux effets sur la santé d’un dopage sportif sont rares et le plus souvent de faible niveau de preuve. S’il conviendrait de pouvoir disposer d’études longitudinales pour préciser et documenter plus avant les effets du dopage sportif, ces dernières sont difficiles à mettre en œuvre en raison du coût et de la puissance nécessaire, ainsi que pour des raisons éthiques, même si certains auteurs s’y sont essayés (Wiacek et coll., 2023
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