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Analyse
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Prévalence du dopage et des pratiques dopantes en milieu sportif
Prévalence du dopage et des pratiques dopantes
dans le sport de haut niveau
; Ntoumanis et coll., 2014
; Backhouse et coll., 2016
; Blank et coll., 2016
; Erickson et Backhouse, 2018
; McDuff et coll., 2019
). Pour toutes ces raisons, la littérature scientifique disponible ne donne qu’une image incomplète de la prévalence du phénomène dans le sport de haut niveau. Les revues les plus récentes et informatives, ainsi que des articles de recherche primaire d’intérêt particulier, sont détaillés ci-dessous.
soulignaient il y a plus d’une décennie le décalage entre d’un côté les statistiques officielles des tests antidopage menés par l’Agence mondiale antidopage (AMA), avançant des niveaux relativement bas, et de l’autre l’accumulation de preuves de pratiques de dopage plus généralisées par les sciences sociales. Leurs conclusions sont méthodologiquement parlant pessimistes, les auteurs estimant la mesure de la prévalence du dopage quasi impossible. Une revue de la littérature par De Hon et coll. (2015) présente les différentes approches utilisées pour estimer la prévalence du dopage dans le sport d’élite. Les auteurs font le bilan des résultats des contrôles antidopage entre 1987 et 2013 qui montrent un taux de tests positifs compris entre 0,96 et 2,45 %. Cependant, ils notent que ces données ne reflètent pas des violations des règles antidopage et qu’elles ne renseignent pas non plus sur l’intentionnalité du dopage, un point qu’ils considèrent d’une importance fondamentale. Ils examinent des données obtenues par le biais du passeport biologique de l’athlète (PBA) en soulignant les résultats d’une étude utilisant cette approche qui a estimé la prévalence globale du dopage dans l’athlétisme entre 2000 et 2010 à 14 %. Les auteurs notent que les enquêtes par questionnaire direct ne sont que très rarement utilisées chez des athlètes de haut niveau, et ils décrivent la première étude basée sur la méthode de réponse aléatoire chez des athlètes allemands qui a abouti à une prévalence du dopage entre 20 et 39 %. Sur la base de deux études clés, De Hon et coll. concluent à une prévalence globale du dopage chez les sportifs d’élite adultes entre 14 et 39 %.
. Cette étude, réalisée par un groupe de travail mandaté par l’AMA utilisant la méthodologie PRISMA1
, porte sur le sport de compétition au sens large et aux substances visant à améliorer les performances. Sont donc écartées des études s’intéressant aux substances illicites à visée récréative, aux substances licites (compléments alimentaires ou suppléments), aux médicaments délivrés dans un cadre thérapeutique, ainsi que des études portant sur la pratique sportive récréative, et celles avançant des estimations indirectes de « prévalence » fondées, par exemple, sur des représentations, attitudes ou croyances. Au final, 105 études publiées en langue anglaise entre 1975 et 2019 ont été retenues, regroupant 102 515 sujets de 35 pays. Les études ont été réparties en deux groupes selon la source de données utilisées pour estimer la prévalence : par le biais d’auto-déclarations ou d’analyses d’échantillons. Les auteurs soulignent l’extrême hétérogénéité des substances, disciplines sportives, niveaux et intensité de pratique, ainsi que des méthodologies conséquemment mises en œuvre, en appelant à la prudence quant à une interprétation littérale des résultats. Ils concluent à un taux de dopage global inférieur à 5 % et notent qu’il existe des disciplines où le dopage est inexistant (0 %) et d’autres, beaucoup plus rares, où il est généralisé (73 %)2
. Ils s’abstiennent toutefois de préciser lesquelles car, jugent-ils, les études retenues se caractérisent par un manque de critères objectifs de sélection des disciplines. De plus, la plupart des études ne renseignent pas le nombre d’athlètes par discipline et le sexe des athlètes n’est pas systématiquement renseigné. Ce manque de précision dans la littérature se reflète dans l’évaluation de la qualité des données sur la prévalence réalisée par les auteurs, qui ont classé les études selon divers critères (définitions, méthode, population étudiée) en trois catégories, dont seules 20 remplissent les standards de haute qualité. Parmi ces dernières, 10 études avancent un taux de prévalence compris entre 0 et 5 % ; 5 études estiment une prévalence entre 5 et 10 % ; 2 études entre 10 et 15 % ; les autres avancent une prévalence supérieure de 15 %, voire de plus de 50 %.
). Ils ont effectué dans un premier temps une synthèse de la littérature scientifique, en s’appuyant sur la précédente étude de Gleaves et coll. (2021)
, et concluent à une prévalence globale de dopage en milieu sportif de compétition inférieure à 5 %, mais atteignant jusqu’à 30 % dans certains sports ou selon la méthodologie utilisée. Dans un deuxième temps, les auteurs ont analysé les données publiées de l’AMA synthétisant les résultats de contrôles antidopage sur plus de 1,2 million de prélèvements sanguins ou urinaires effectués entre 2016 et 2019. Les taux de résultats d’analyse anormaux (RAA) varient entre 1,6 % en 2016 et 1,0 % en 2019. Il est à rappeler que ceux-ci concernent les taux de positivité des tests et non pas des violations des règles antidopage car ne sont pas pris en compte, par exemple, les exemptions pour usage thérapeutique. Les stéroïdes anabolisants androgènes (SAA) constituent la catégorie de substances dopantes la plus communément détectée (de 43 à 45 % des échantillons selon les années), suivie des stimulants (de 13 à 15 %), à niveau équivalent aux diurétiques et agents masquants (de 12 à 16 %). L’analyse des prélèvements ventilés par discipline sportive olympique, pour les années 2016 à 2019, montre des taux de violations des règles antidopage inférieurs à environ 1 %, dont les plus élevés concernent les sports de force tels que l’haltérophilie ou la lutte (entre 1,0 et 1,2 %), ainsi que la boxe (entre 0,7 et 1,1 %). Ces résultats contrastent avec des estimations de prévalence du dopage obtenues par le biais d’analyses du PBA, une approche de plus en plus utilisée entre 2009 et 2019 (n=6 082 et 36 401 prélèvements, respectivement), aboutissent à une violation des règles antidopage dans environ 0,1 % des cas, un taux plus faible que ceux obtenus par les contrôles antidopage basés sur la détection directe. Cette valeur de 0,1 % représente la proportion de VRAD (violations des règles antidopage) identifiées directement par l’analyse du PBA, exprimée en pourcentage du nombre total d’échantillons analysés (et non du nombre d’athlètes contrôlés). Elle diffère d’autres estimations, plus élevées (ci-dessous), qui reposent sur des extrapolations statistiques des données du PBA pour estimer la prévalence du dopage au niveau d’une population de sportifs. Petróczi et coll. estiment que le PBA est une des méthodes les plus prometteuses, fournissant des données de bonne qualité. Néanmoins, ils soulignent qu’une majorité des prélèvements effectués dans le cadre du PBA concernent un nombre réduit de disciplines sportives, comme celles de l’athlétisme, le cyclisme ou le ski, ce qui les amènent à questionner l’extrapolation des prévalences ainsi estimées.
ont utilisé une méthode d’inférence bayésienne3
pour analyser 7 289 prélèvements sanguins réalisés entre 2001 et 2009 chez 2 737 sportifs de haut niveau en athlétisme et ils ont conclu à une prévalence globale du dopage sanguin de 14 %. Le taux était plus élevé (18 %) dans les disciplines de course à pied d’endurance, mais cette différence était attribuée à un biais d’échantillonnage. Cet ordre de grandeur a été par la suite confirmé par Faiss et coll. (2020)
, qui avancent des taux de 18 % lors des championnats du monde d’athlétisme de 2011, et de 15 % en 2013. L’estimation de la prévalence du dopage sanguin en 2011 chez les femmes (22 % ; IC 95 % [16-28]) était supérieure à celle des hommes (15 % ; IC 95 % [9-20]). Il convient ici de souligner certaines limites de toute approche bayésienne, laquelle repose sur une hypothèse de sélection de distributions préalables (priors), lesquelles aboutissent à des estimations différentes à partir d’un même jeu de données. Cette limite méthodologique est représentative des difficultés de mesure des pratiques dopantes, ce à quoi s’ajoutent des données fragmentaires et un faible recoupement entre méthodes et sources d’information.Conclusion
Consommation de substances visant à améliorer les performances en milieu sportif amateur
Critères de sélection des documents analysés
Études en population générale
ont ainsi interrogé 3 564 jeunes entrant au collège en Lorraine et les ont suivis pendant une durée de 4 ans, les interrogeant par questionnaire auto-déclaré tous les 6 mois (n=2 199 à la fin de l’étude). À peine plus d’un collégien sur dix déclarait pratiquer une activité sportive régulière en dehors des cours, la grande majorité (86,6 %) pratiquant de manière intermittente. À 11 ans, 1,2 % des interrogés déclaraient avoir consommé des SAP au moins une fois au cours des six derniers mois. La prévalence d’usage atteignait 3,0 % à la fin de la classe de troisième et, parmi ces jeunes ayant consommé, 44,0 % stipulaient avoir remporté au moins une épreuve sportive en conséquence. Les substances les plus souvent déclarées étaient le salbutamol (45,5 % des cas), suivi des corticostéroïdes (10,2 %), du cannabis (6,3 %), ou autres (38,0 % des cas ; dont autres stimulants ou agents anabolisants). Plus d’un consommateur de SAP sur cinq déclarait un usage quotidien au début de l’enquête (23,0 %) comme à la fin (24,0 %). L’analyse bivariée a établi une association positive entre l’usage de SAP et le nombre d’heures consacrées à la pratique d’un sport, l’intention d’usage, l’usage d’autres substances psychoactives (alcool, tabac, cannabis hors dopage), l’auto-estime et l’anxiété. L’étude n’a pas inclus d’analyse multivariée.
; Shah et coll., 2019
). Il en ressort qu’un lycéen sur quinze (7 %) déclare avoir utilisé une ou des substances au cours des 12 derniers mois dans le cadre d’une activité sportive afin d’améliorer ses performances physiques, dont 2,3 % des substances proscrites, le plus souvent des cannabinoïdes ou des stimulants comme la cocaïne, et 6,1 % un mélange de substances proscrites et licites. Là encore, les garçons sont plus enclins que les filles. De la même manière, le risque de dopage parmi les lycéens s’accroît avec la fréquence de leur pratique sportive, ainsi que leur santé mentale : toutes choses égales par ailleurs, les lycéens à risque modéré ou sévère de dépression5
présentent un surrisque d’usage de ces substances comparés à leurs pairs sains (Shah et coll., 2019
). Ce constat amène là encore à s’interroger sur les motivations d’usage, le recours à des substances dépassant le seul cadre de l’amélioration des seules performances sportives : 14 % des lycéens en ont utilisé afin de gérer leur stress (toujours dans le cadre d’une activité sportive), 17 % pour lutter contre la fatigue et enfin 29 % afin d’agir contre la douleur. Les auteurs précisent que ces prévalences sont à considérer avec précaution puisqu’elles incluent les traitements faisant suite à des blessures, sans que l’on puisse renseigner leurs modalités (prescription et suivi médicaux ou non), et le manque de connaissance de certaines substances pouvant être considérées comme dopantes de la part des jeunes interrogés.Études chez les sportifs amateurs/récréatifs
Le projet FAIR+
) qui lui dressait un état des lieux des dispositions juridiques, administratives et politiques en matière de dopage des États européens en vue de fournir des données probantes pour l’élaboration de politiques de prévention. Un premier volet du projet FAIR s’est plus spécifiquement penché sur les compléments alimentaires et les bonnes pratiques à instaurer dans le cadre de la prévention du dopage (FAIR, 2019
). Le second volet, plus opérationnel, visait à estimer la consommation de substances dopantes ou de médicaments en vente libre chez les sportifs récréatifs et de cartographier les lignes directrices en matière d’éducation antidopage pour les encadrants et éducateurs sportifs (FAIR+, 2022
).
ont analysé les données collectées dans le cadre de ce deuxième volet. Celui-ci repose sur une enquête réalisée auprès de sportifs récréatifs (n=7 260) dans huit pays européens, couvrant plus de 200 disciplines. Comme les répondants ont été interrogés sur la consommation de substances dans un maximum de deux sports, le nombre de réponses exploitables pour l’analyse était plus élevé (n=9 365). Les participants, âgés de 15 ans et plus, ont été contactés principalement par l’intermédiaire de réseaux sociaux. Outre la diversité des disciplines abordées, l’originalité de l’étude réside dans l’utilisation d’un questionnaire s’appuyant sur la MRA. Dans leur analyse, les auteurs opèrent une distinction entre le concept de « dopage », en tant qu’un comportement visant à améliorer les performances dans un sport donné, et celui de « dopé »6
, caractérisant l’individu qui adopte cette pratique7
. La prévalence des individus « dopés » a été estimée à 0,4 %, avec une répartition de 3,1 % chez les hommes et de 0 % chez les femmes. Les sports ont été regroupés en quatre catégories distinctes : les « sports artistiques » (par exemple, danse ou gymnastique), les « sports de combat » (par exemple, judo, karaté, ou boxe), les « jeux » (par exemple, football, tennis ou volley-ball), et les « sports CGS » (centimètres, grammes et secondes ; par exemple, athlétisme, cyclisme, ou natation). L’estimation de la prévalence globale du « dopage » dans le sport récréatif est de 1,6 %. Bien que les résultats relatifs aux « sports artistiques » et aux « sports CGS » ne différaient pas significativement de cette moyenne, une prévalence significativement plus élevée, évaluée à 6,9 %, a été observée dans la catégorie des « jeux ». Les disparités de prévalence entre les différentes catégories de sports ont été attribuées à des différences structurelles inhérentes à la compétition sportive, plutôt qu’à des variations dans la logique compétitive ou les sous-cultures disciplinaires. Si relativement peu d’athlètes récréatifs semblent recourir à des substances illicites, il est à noter que 10,3 % des répondants déclarent consommer des médicaments en vente libre dans le but d’améliorer leurs performances sportives. Par ailleurs, 43,7 % des répondants en ont consommé en lien avec leur pratique sportive (entraînement ou compétition) pour des raisons autres que l’amélioration des performances (pour le soulagement de la douleur, la récupération après une blessure, ou le contrôle du sommeil, de l’humeur ou du cycle menstruel).
qui pointent certaines limites méthodologiques, en rappelant notamment que les athlètes peuvent être amenés à sous-déclarer leur consommation de substances pour des raisons motivationnelles. Ce biais n’est pas compensé par la MRA et susceptible de conduire à des sous-estimations de prévalence (John et coll., 2018
), laissant donc entendre que les prévalences avancées ne sont pas fiables. De plus, ils soulignent que l’utilisation du terme « substances interdites » dans le questionnaire n’est pas robuste, prenant l’exemple de l’ostarine (interdite par l’AMA mais disponible sous la forme de compléments alimentaires), pouvant créer une confusion à même de biaiser les estimations. Enfin, ils estiment que les recommandations de Christiansen et coll. (2023b)
, basées sur des estimations de prévalence artificiellement basses, reviennent essentiellement à un appel à ignorer le dopage dans le sport récréatif, ce qui va à l’encontre d’une prise en compte croissante du problème en tant qu’enjeu de santé publique. Cette assertion a été réfutée par les auteurs de l’étude originelle, lesquels précisent que l’abandon des campagnes de tests antidopage auprès des sportifs récréatifs, qu’ils jugent onéreuses et peu efficaces, doit se faire au profit de la prévention, de l’information et de l’éducation (Christiansen et coll., 2023a
).
s’appuie sur les mêmes données que Christiansen et coll. (2023b)
, mais ne s’intéresse pas tant à l’estimation de prévalences qu’à la validation d’hypothèses sous-tendant un modèle explicatif du dopage, en utilisant une approche économique. Dans cette perspective, les motifs de satisfaction qui résultent de la pratique sportive (bien-être, valorisation personnelle, reconnaissance sociale…) constituent autant de biens auxquels s’habituent les sportifs, lesquels vont tenter de les préserver et les accumuler. Afin de faire fructifier ce capital, les sportifs, en tant qu’acteurs rationnels, adoptent un comportement visant à maximiser l’utilité marginale des pratiques dopantes (bénéfices), en tenant compte de leurs risques monétaires et moraux inhérents (assimilés à des coûts), dans la lignée de la théorie de l’addiction rationnelle de Becker. L’étude prend aussi en compte l’intensité de la pratique sportive ; la pratique sous compétition ; le niveau de performances de sportifs récréatifs, classées en trois catégories. L’étude de Pitsch (2022)
souligne les similarités des comportements et des pratiques des sportifs récréatifs et des sportifs d’élite : dans les deux cas, le dopage est « une technique pour minimiser le risque de perte d’utilité [ici dans son sens économique] liée à la consommation de sport », tout en mettant en exergue les spécificités de ces derniers. Pitsch fait ainsi l’hypothèse que le dopage est plus élevé parmi les sportifs récréatifs de niveau intermédiaire, comparé aux sportifs de loisir ou aux sportifs récréatifs aux performances plus élevées (validée dans les faits), et que le risque de recours au dopage s’accroît avec le temps accumulé à la pratique d’une discipline particulière (validation partielle). Il convient de rappeler que l’échantillonnage ne permet pas d’atteindre une représentativité statistique.Autres études chez des sportifs récréatifs
se sont appuyés sur le Sportbund Pfalz, un réseau d’associations sportives du Palatinat en Allemagne, pour diffuser un questionnaire utilisant la MRA afin d’examiner la consommation de substances dopantes et l’automédication dans le sport récréatif. Cette étude, réalisée par des chercheurs qui ont ensuite été partenaires sur le projet FAIR+, portait sur 1 620 athlètes pratiquant une vingtaine de sports dont les plus représentés étaient le football, la course à pied et l’athlétisme (15,2 %, 10,1 % et 9,4 % des répondants, respectivement). L’estimation de la prévalence de consommation de produits dopants au cours de la vie (3,6 %) était similaire à celle observée au cours de la dernière saison sportive (4 %). Ce résultat non intuitif n’était pas significatif et a été attribué au processus de randomisation. Aucune différence significative n’a été retrouvée entre les sexes. Ces prévalences sont comparables à celle observée chez les hommes (3,1 %) dans le cadre du projet FAIR+ sur une population plus large de sportifs (Christiansen et coll., 2023b
). Par ailleurs, 21 % des répondants déclaraient avoir consommé des substances pour des motifs autres que l’amélioration des performances sportives au cours des 12 derniers mois, et 49 % l’ont fait au cours de leur vie. Les auteurs affirment que les taux de prévalence, lorsqu’ils sont extrapolés à l’ensemble de sportifs récréatifs en Allemagne (20 millions de personnes), correspondent à une estimation prudente de 900 000 personnes ayant consommé des produits dopants en vue d’améliorer leur performance sportive au cours de la saison écoulée, mais sans prendre de précaution quant à la représentativité de leur échantillon constitué par une approche « boule de neige ». Afin d’avoir une vision la plus globale possible du dopage, les auteurs soulignent l’importance de tenir compte des motivations autres que la recherche de performances chez les sportifs amateurs, très nombreux (estimés à plus de 4 millions de personnes en Allemagne) à recourir à l’automédication pour la gestion de la douleur, la récupération ou le contrôle de l’humeur.
). Le questionnaire auto-déclaratif précisait que les substances concernées étaient les substances réglementées, en donnant des exemples (SAA, hormones de croissance, EPO8
, stimulants), mais il excluait les compléments alimentaires (vitamines, protéines, minéraux). Dans l’ensemble, 18,3 % des personnes interrogées déclarent avoir consommé ces substances au moins une fois dans la vie. La prévalence était plus élevée chez les sportifs en Grèce (27,0 %) et en Chypre (32,5 %) où les répondants étaient principalement des utilisateurs de salles de sport ou des pratiquants de fitness, de la musculation non compétitive, des arts martiaux ou de la course à pied, alors qu’elle était plus faible en Italie (11,5 %) où ils étaient des étudiants en STAPS9
avec plus d’années d’expérience sportive. Alors que les répondants à Chypre justifiaient leur usage pour une récupération plus rapide après un entraînement ou une blessure (54,6 % et 63,6 %, respectivement), ceux d’Allemagne mettaient en avant leur désir d’atteindre plus rapidement les résultats souhaités (55,6 %) alors qu’en Grèce ils avançaient leur volonté de repousser des limites physiques (52,9 %). Il est à noter que l’étude ne fournit pas de données sur la consommation de substances spécifiques, et ne fait pas d’analyse par sexe ou par intensité de la pratique sportive.
ont estimé la prévalence de consommation de SAP parmi les adhérents de cinq salles de sport au Portugal, en s’intéressant à plusieurs déterminants de ces usages. Un total 453 sujets, âgés de 16 à 79 ans, ont rempli un questionnaire en ligne, basé sur d’autres questionnaires préalablement testés dans le cadre du sport amateur, et interrogeant sur 13 substances ou catégories de substances inscrites sur la Liste des interdictions de l’AMA. La prévalence globale de consommation de SAP était de 11,1 %, avec une augmentation de risque chez les pratiquants du culturisme (OR=8,20 ; IC 95 % [3,20-21,16]) ainsi que chez les hommes (OR=3,65 ; IC 95 % [1,89-7,07]), qui eux consommaient principalement les SAA (58,9 %). Une deuxième étude, portant sur les salles de sport, a interrogé 976 sujets, âgés de 14 à 65 ans, utilisant un questionnaire en ligne, complété par une version papier diffusée sur place dans deux villes siciliennes (Venturella et coll., 2019
). Un répondant sur quatre (25,8 %) déclarait avoir consommé des substances dans le but d’améliorer leur performance, mais ce taux de prévalence élevé tient à une notion plus large du terme « dopage », laquelle intégrait des produits licites tels que compléments alimentaires, vitamines et caféine. À ce titre, l’absence d’une définition claire est révélatrice de la faible qualité de nombreuses études portant sur les pratiques de dopage en milieu sportif amateur ou de loisir.
ont retenu 18 études publiées entre 1998 et 2022 (n=11 401 participants, 140 entrevues et 1 368 analyses toxicologiques), et estiment une prévalence du dopage comprise entre 2,0 et 3,7 % chez les jeunes athlètes amateurs et les adolescents ayant une activité sportive (3 études). Néanmoins, les auteurs soulignent les différences de définition constatées d’une étude à l’autre, s’éloignant de la Liste des interdictions de l’AMA qu’ils prennent pour référence, les amenant à avancer un intervalle beaucoup plus large chez les athlètes, de 1,3 à 39,2 % selon les disciplines et méthodes d’investigation. Il ressort de leur revue que le dopage n’épargne pas le sport amateur et récréatif ; que l’importation de SAPA est majoritairement du fait des sportifs récréatifs (seulement 1 % pour les athlètes de haut niveau) et qu’elle touche aussi les adolescents.
se sont intéressés à la consommation de médicaments déclarés aux autorités lors de contrôles antidopage en Norvège entre 2015 et 2019, dont 4 243 sur 10 418 (40,6 %) concernaient des sportifs récréatifs. Les formulaires collectés renseignaient sur le sexe (76,2 % d’hommes), l’âge, la discipline sportive (n=67), et les compléments alimentaires ou médicaments consommés. Bien que la nature anonyme de l’étude ne permette pas d’identifier les athlètes ayant rempli multiples déclarations, les résultats peuvent renseigner sur l’étendue de consommation de médicaments dans cette population. Il en ressort que plus de la moitié des sportifs récréatifs pratiquant le football, le ski de fond, le cyclisme ou l’athlétisme déclarent avoir pris un ou plusieurs médicaments, tandis que 1,9 % des athlètes attestent avoir pris 5 médicaments ou plus. Le nombre moyen global de médicaments déclarés (0,9±1,2) est inférieur à celui pour les athlètes d’élite (1,4±1,7), une différence statistiquement significative.Conclusion
Stéroïdes anabolisants androgènes
). Par exemple, le stanozolol, le danazol, la nandrolone, ou l’oxymétholone… appartiennent à cette catégorie de substances. Malgré leur inscription sur la Liste des substances interdites de l’AMA, les SAA sont toujours utilisés dans le cadre du sport d’élite (Petróczi et coll., 2022
), posant la question de leur diffusion en milieu sportif amateur et récréatif (Lazuras et Barkoukis, 2020
).
ont synthétisé la littérature sur la consommation de SAA et ont constaté qu’elle avait débuté aux États-Unis 5 à 15 ans plus tôt que dans les autres pays. Selon les auteurs, la grande majorité des utilisateurs de SAA actuellement ne sont pas des sportifs d’élite mais de jeunes adultes, hommes le plus souvent, pour lesquels prime l’amélioration de l’apparence plus que des gains de performance. À partir des années 2000, le recours aux SAA s’étend à certaines activités professionnelles physiquement exigeantes aux États-Unis (forces de l’ordre, armée). Les différences géographiques s’avèrent être une des caractéristiques de la littérature consacrée aux SAA. Leurs consommations seraient plus répandues aux États-Unis, au Brésil, dans les pays du Commonwealth et les pays scandinaves mais moins visibles en Asie. Ces différences géographiques reflèteraient des différences culturelles d’attitudes et de représentation de la masculinité.Études en population générale
ont réalisé une méta-analyse, à partir de 187 études réalisées entre 1974 et 2013, couvrant des pays d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud, d’Afrique et de l’Océanie, pour déterminer la prévalence globale de l’utilisation de SAA. Le taux mondial de prévalence au cours de la vie a été estimé à 3,3 % (IC 95 % [2,8-3,8]), avec un taux significativement plus élevé chez les hommes (6,4 % ; IC 95 % [5,3-7,7]) que chez les femmes (1,6 % ; IC 95 % [1,3-1,9]). C’est au Moyen-Orient que la prévalence est la plus élevée (21,7 % ; IC 95 % (13,5-32,9]), suivi de l’Amérique du Sud (4,8 % ; IC 95 % [1,2-16,7]), l’Europe (3,8 % ; IC 95 % [2,4-5,8]), l’Amérique du Nord (3,0 % ; IC 95 % [2,7-3,4]), l’Océanie (2,6 % ; IC 95 % [2,1-3,3]), l’Afrique (2,4 % ; IC 95 % [1,2-4,8]), et l’Asie (0,2 % ; IC 95 % [0-3,5]). Toujours d’après leurs estimations, la prévalence est plus élevée parmi les sportifs récréatifs (18,4 % ; IC 95 % [11,2-28,6]), plus faible chez les sportifs d’élite (13,4 % ; IC 95 % [9,7-18,2]), puis par ordre décroissant chez les personnes en détention (12,4 % ; IC 95 % [5,8-24,7]), les usagers de substances psychoactives (8,0 % ; IC 95 % [3,6-16,8]), les lycéens (2,3 % ; IC 95 % [2,1-2,5]) et enfin les non-sportifs (1,0 % ; IC 95 % [0,7-1,3]). Les intervalles de confiance (IC) particulièrement larges dans certains cas témoignent du nombre d’études relativement faible ainsi que de la forte hétérogénéité mesurée (I²>95 % dans tous les cas de figure). À ce titre, les auteurs soulignent des différences significatives de prévalences selon le type de méthode et d’échantillonnage appliqué (taux global estimé sur du non aléatoire : 11,4 %, IC 95 % [7,0-18,0] versus 2,4 %, IC 95 % [2,2-2,7] pour de l’aléatoire). Cette différence s’explique probablement par la prédominance, dans les échantillons sélectionnés de manière non aléatoire, des sportifs récréatifs, des athlètes, des personnes en détention et des toxicomanes parmi lesquels la prévalence de la consommation de SAA est relativement plus élevée que chez les lycéens et les non-sportifs (échantillonnage aléatoire), ce qui incite à interpréter avec prudence ces résultats.
ont recensé neuf enquêtes représentatives menées entre 2000 et 2013 auprès d’adolescents – nord-américains (n=5), australiens (n=2), anglais (n=1) et une enquête internationale – renseignant l’usage et l’âge d’expérimentation des SAA. Ils se sont appuyés sur les données américaines afin d’estimer la proportion cumulée d’expérimentateurs de SAA par âge, point d’ancrage pour extrapoler le nombre d’usagers de SAA, lui-même rapporté à une population totale estimée de 108,5 millions (à partir des données du Census Bureau). À partir des données de la National Household Survey, ils estimaient qu’en 2013 entre 2,9 et 4 millions d’Américains âgés de 13 à 50 ans avaient utilisé des stéroïdes au cours de leur vie. Parmi cette population, jusqu’à un quart pourrait avoir expérimenté un syndrome de dépendance et 22 % avaient eu une première expérience d’utilisation avant l’âge de 20 ans. Des études montrent des usages de SAA non négligeables parmi les plus jeunes, dont certains expérimentent les SAA dès l’âge de 11 ans, voire 10 ans (Laure et Binsinger, 2007
; Nicholls et coll., 2017
).
estiment que 447 000 (328 000-687 000) hommes âgés de 15 à 64 ans et qu’entre 17 000 et 76 000 femmes au Royaume-Uni avaient consommé des SAA « récemment » (sans autre précision). Ces estimations correspondent chez les hommes à une prévalence de 2,1 %, IC 95 % [1,6-3,3]. Les auteurs précisent que les deux cinquièmes du panel d’experts préféraient retenir des estimations plus basses. Si l’estimation est jugée plausible, elle reste très incertaine et se situe à des valeurs 10 fois supérieures aux dernières enquêtes réalisées.Études chez les jeunes
estimaient que 2,7 % avaient utilisé des SAA au cours de leur vie. Il semblerait que le risque de consommer des SAA augmente avec le nombre de sports pratiqués et que les filles auraient une consommation identique voire légèrement plus élevée que chez les garçons (2,8 % versus 2,6 %). Comme souvent dans le cas d’étude géographiquement très localisée, se pose la question de la généralisation des résultats obtenus. Toujours aux États-Unis, l’étude longitudinale Eating and Activity in Teens and Young Adults (van den Berg et coll., 2007
), conduite entre 1999 et 2004 auprès de 4 746 collégiens et lycéens âgés de 12 ans à 20 ans vivant dans la zone de Minneapolis, avançait une prévalence moindre, de 1,5 %, avec un usage légèrement plus répandu chez les jeunes filles que chez les garçons (1,7 % versus 1,4 %). Si les motivations d’usage renvoient à une insatisfaction commune aux genres quant à leur perception corporelle, elles diffèrent quelque peu : les garçons avançaient des motifs de gain de masse musculaire, les jeunes filles des motifs de perte de poids. En Australie, l’usage de stéroïdes anabolisants au cours des trois derniers mois était déclaré par 0,6 à 5,8 % des 488 jeunes garçons âgés de 14 à 16 ans interrogés par questionnaire direct lors de trois vagues successives dans le cadre de l’évaluation du programme Goodform (Yager et coll., 2023
).
s’est appuyée sur les données de la première à la troisième vague de la cohorte prospective National Longitudinal Study of Adolescent to Adult Health (18 924 adolescents et jeunes adultes suivis de 1994 à 2002) afin de mesurer les comportements et usages de substances visant un gain de masse musculaire chez les jeunes Américains. Ils avancent une prévalence d’usage de SAA de 2,7±0,3 % (n=153) parmi les garçons, et de 0,4±0,1 % (n=30) chez les filles âgées de 18 à 26 ans, taux qui demeurent étonnamment stables quel que soit l’âge considéré. Les auteurs jugent ces prévalences en-deçà des niveaux mesurés dans des populations plus jeunes, différences qu’ils attribuent à « des processus de prise de décision plus efficaces » chez les jeunes adultes, qui seraient plus conscients des effets secondaires des SAA que les adolescents.
ont analysé les réponses de 2 774 participants âgés de 16 à 30 ans (moyenne 22,9 ans) interrogés en ligne dans le cadre du Canadian Study of Adolescent Health Behaviors. Les auteurs avancent une prévalence vie de SAA de 1,6 %, un taux dans la lignée d’autres études menées dans les pays occidentaux. La moitié des usagers déclare avoir plus d’un symptôme de dépendance. Enfin, les usagers de SAA déclarent plus souvent des usages au cours des 12 derniers mois de cannabis (82,6 % versus 55,5 %), de cocaïne (26,1 % versus 7,9 %), d’ecstasy (17,4 % versus 5,3 %) et autres stimulants (30,4 % versus 5,1 %). Les auteurs rappellent que l’on retrouve une grande majorité d’hommes parmi les usagers de SAA.
notent que les prévalences vie (1,6 % en classe de quatrième, 0,9 % en seconde, 1,5 % en terminale), année (0,8 %, 0,5 % et 1,3 %) et mois (0,5 %, 0,3 % et 1,3 %) étaient toutes en augmentation en 2022 (hausse significative en terminale pour l’usage vie ; en terminale et en quatrième pour l’usage année ; et dans les trois niveaux de classe pour l’usage mois). Les auteurs émettent l’hypothèse d’une diffusion de la pratique du fitness et de la musculation observée ces dernières années chez les jeunes, et plus particulièrement lors de la pandémie de Covid-19. Leur pratique à domicile s’est alors développée et s’est poursuivie en salles lorsqu’elles ont été réouvertes. Les auteurs notent aussi que l’usage (utilisation dans les 12 derniers mois) de la créatine, complément alimentaire utilisé pour accélérer la récupération et augmenter la masse musculaire, est en augmentation chez les jeunes lycéens, évolution parallèle de l’usage de SAA, et d’androstènedione en particulier.
. Ils ont retenu 32 études publiées entre 1974 et 2013 avançant des prévalences au cours de la vie, calculées sur une base de 233 475 habitants des cinq pays de la région (Suède, Norvège, Finlande, Islande et Danemark). Leur choix s’est porté sur des études représentatives, en s’appuyant plus particulièrement sur les enquêtes ESPAD pour estimer l’usage de stéroïdes en population adolescente. Sagoe et coll. avancent un taux de prévalence d’usage de SAA au cours de la vie de 2,1 % (IC 95 % [1,3-3,4]) dans la région. La prévalence d’usage de stéroïdes était de 2,1 % (IC 95 % [1,5-2,8]) chez les sportifs récréatifs et la plus faible chez les adolescents (0,9 % ; IC 95 % [0,7-1,1]). La très forte hétérogénéité constatée entre études (I²=99,5) illustre la diversité des échantillons considérés mais aussi le mode d’interrogation, la temporalité (vie entière, année ou mois). Le taux parmi les hommes (2,9 % ; IC 95 % [1,7-4,8]) était significativement supérieur à celui des femmes (0,2 % ; IC 95 % [0,1-0,4]). Les prévalences par pays atteignaient 4,4 % en Suède, 2,4 % en Norvège, 0,8 % en Finlande, 0,7 % en Islande et 0,5 % au Danemark. Dans leur méta-régression, les variables pays, proportion d’hommes et type d’échantillon sont des facteurs prédictifs des prévalences : les athlètes, et adeptes de la musculation plus particulièrement, les usagers de drogues et les personnes en détention présentent les prévalences les plus élevées. Sagoe et coll. concluent que « l’usage non médical des stéroïdes anabolisants constitue un problème de santé publique dans les pays nordiques ». Cette interprétation est remise en cause par Bilgrei et Sandøy (2015)
, qui questionnent la pertinence d’une mesure telle que la prévalence vie au dépend d’une prévalence d’usage au cours de l’année ou du dernier mois, mécaniquement plus basse et à même de mieux éclairer des politiques publiques. Le taux de 2,1 % avancé est une estimation qui synthétise des données extrêmement hétérogènes et qui ne permet pas d’appréhender une quelconque évolution au fil du temps, et ne renseigne que peu ou prou la fréquence d’usage, principal indicateur de sévérité.
avançaient une prévalence vie entière de 0,30 % (IC 95 % [0,28-0,32]) et une prévalence année de 0,25 % (IC 95 % [0,23-0,30]), soit des niveaux un peu plus faibles que ceux avancés dans la méta-analyse. L’usage déclaré par les garçons était de 0,52 % (IC 95 % [0,47-0,53]) et de 0,09 % (IC 95 % [0,084-0,096]) par les filles.
se sont penchés sur les usages de SAA parmi les jeunes Islandais. Ils ont sélectionné 10 259 jeunes âgés de 15 à 20 ans, soit 78 % des jeunes scolarisés de l’île, lesquels ont répondu en octobre 2018 à un questionnaire anonyme. 9 737 ont rempli les questions sur les usages de SAA, dont la prévalence vie globale s’élevait à 1,6 % (78 % de garçons), sans différence selon l’âge. Les jeunes ayant consommé des SAA se caractérisaient par une auto-estime moindre, des tendances dépressives et anxieuses ainsi que des risques suicidaires accrus. Les auteurs relevaient aussi que les usages de SAA étaient plus répandus parmi les adolescents dont les parents étaient séparés et avaient un niveau scolaire moindre.
), s’appuyant sur un système d’enquête transnationale sur la jeunesse proposée à toutes les municipalités de Norvège, a permis d’analyser la consommation de SAA dans une population norvégienne adolescente (taux de réponse : 74 %, n=77 572). L’étude révèle une prévalence de 1,27 % de l’usage de SAA au cours de la vie, prévalence toujours plus élevée chez les garçons (1,81 %) que chez les filles (0,76 %). L’analyse montre que la consommation de SAA est liée à des comportements problématiques tels que la violence et la consommation d’autres substances mais ne serait pas corrélée au fait de faire de l’exercice.
ont réalisé une étude sur une population de 2 597 lycéens ghanéens, provenant de deux districts de la région centrale, qui ont rempli un questionnaire auto-administré. Il en ressort une prévalence vie de 3,8 %, sans différence significative selon le degré de pratique sportive (sans activité, récréatif, athlètes). Les résultats présentent toutefois de nombreuses similitudes avec les tendances observées dans les pays occidentaux en termes de motivations et de représentations. Néanmoins, se pose la question de la sélection des participants, ici non aléatoire et circonscrite à des zones géographiques restreintes.Études chez des populations de sportifs fréquentant
les salles de sport et de gym
).
; Angoorani et Halabchi, 2015
; Khullar et coll., 2016
; Al Bishi et Afify, 2017
; Althobiti et coll., 2018
; Alharbi et coll., 2019
; Allafi et coll., 2019
; Aldarweesh et Alhajjaj, 2020
; Al-Harbi et coll., 2020
; Albaker et coll., 2021
). Ces études locales avancent des prévalences, le plus souvent sans préciser la temporalité des usages (vie, année ou mois) ni les fréquences, et s’intéressent aux effets recherchés et aux motivations d’usage.
). Il en ressort une prévalence vie d’usage de SAA de plus de 13 % chez des femmes ayant en moyenne 25,4 ans, souvent en association avec d’autres SAPA (créatine et diurétiques respectivement chez 20,8 % et 18,7 % des femmes consommant des SAA). Ces usages sont motivés dans plus de 90 % des cas par des raisons esthétiques, ainsi que leur accessibilité et faible coût. La pratique sportive et l’usage de SAA, précisent les auteurs, s’inscrivent dans un culte du corps exacerbé susceptible de renforcer la diffusion des SAA en direction d’un public féminin, et ce malgré la présence quasi systématique d’effets secondaires déclarés tels que l’acné ou l’hyperandrogénisme. Une autre étude menée auprès de 5 773 adhérents de 100 salles de sport de Curitiba, toujours au Brésil, permet d’observer que la plupart des participants n’ont pas utilisé de SAA, mais que 9,1 % les ont déjà utilisés, 3,4 % les utilisent actuellement et 4,3 % ont l’intention de les utiliser (Pereira et coll., 2019
). Au total, les auteurs estiment une prévalence de 16,9 % parmi les hommes (anciens et actuels utilisateurs) et de 6,5 % parmi les femmes, ce qui est comparable aux résultats de l’étude de Abrahin et coll. (2017
) et observent que plus le temps de fréquentation des salles de gym augmente (≥ 3 ans), plus l’utilisation de SAA est élevée. Dans une étude plus récente, une enquête en ligne au Brésil, Santos e Santos et coll. (2023)
avancent des niveaux similaires : 8,3 % des 291 pratiquantes de fitness adeptes de l’entraînement fonctionnel de haute intensité (par exemple, pratiquantes de CrossFit) déclaraient un usage actuel, et 13,7 % en avaient consommé auparavant. Une fois encore, le motif d’usage principal de ces femmes renvoie à des considérations esthétiques, suivi du gain de performance.Études sur les caractéristiques des sportifs amateurs usagers de SAA
s’est intéressée à des usagers de SAPA des pays de la région de la Méditerranée orientale (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Iran, Irak…). Les auteurs ont retenu 32 articles, reconstituant un échantillon final qui regroupait 5 425 sportifs amateurs usagers de SAA, parmi lequel 5 371 étaient des hommes. Le profil type renvoie à des usagers de SAA âgés de 18 à 34 ans, pratiquant une activité sportive depuis un an ou plus, avec une pratique pluri-hebdomadaire, voire quasi-quotidienne. L’injection constitue la voie d’administration de SAA la plus commune et seules cinq études renseignaient la durée d’utilisation qui allait de moins d’un mois à plus de 5 ans.
ont interrogé en ligne 2 385 sportifs amateurs masculins entre août 2019 et avril 2020. Tous étaient âgés d’au moins 18 ans et ayant consommé des SAA dans les cinq années précédant l’enquête, 61 % résidaient aux États-Unis ou Canada, 22 % en Europe, et 17 % provenant d’autres régions. L’amélioration de l’apparence était invoquée comme motivation première de l’usage de SAA (82,2 %), en corrélation avec des problèmes d’auto-estime et de mauvaise image de leur corps, suivie du gain de force (50,0 %), avec des variations selon l’âge des répondants. À noter que 46,2 % des répondants ont déclaré avoir voulu arrêter leur usage de SAA : 60,2 % d’entre eux sans succès et 39,8 % avec succès. Malheureusement, l’étude ne précise pas les disciplines sportives pratiquées, ni la fréquence des activités. Il convient de préciser que le recrutement en ligne, s’il permet d’atteindre un public plus large et divers tout en garantissant un anonymat favorable à une participation accrue, ne garantit pas une représentativité des sportifs usagers de SAA. Or, la question de la représentativité est centrale dans les études consacrées aux usagers de SAA.
ont étudié les niveaux et motivations d’usage par injection en population générale de SAPA, en particulier l’hormone de croissance, les SAA et les produits cométiques tels que le botox. Leur revue s’est appuyée sur 133 articles, regroupant études quantitatives et qualitatives, essais cliniques, présentations de cas… Ils soulignent que 42 des 61 études quantitatives et qualitatives retenues s’intéressaient aux stéroïdes anabolisants, la SAPA la plus communément détectée. Les auteurs n’avancent pas d’estimations précises de la prévalence, préférant mentionner des usages plus ou moins « élevés », sans plus les définir. Les usages de SAA sont une caractéristique masculine, plus particulièrement répandus parmi les pratiquants de sports de force, pour lesquels l’amélioration des capacités athlétiques va de pair avec des considérations esthétiques et d’une quête d’apparence saine et juvénile. Brennan et coll. soulignent en outre que les SAA constituent aussi une « porte d’entrée » (« gateway ») vers un usage plus généralisé des SAPA. La diversité des agents disponibles et leur accessibilité, couplées à un manque de connaissance, voire un déni de leurs effets secondaires potentiels, sont autant d’éléments qui expliquent la diffusion persistante des SAA dans différentes strates de la population. Ils notent enfin que la majorité de ces études ont été menées dans des pays occidentaux (États-Unis, Europe de l’Ouest et du Nord, Australie), avec toutefois un nombre croissant d’articles investiguant les usages de SAA en Amérique latine, Moyen-Orient et Afrique, signe que l’usage des SAA est « un phénomène interculturel/ethnique global ».Conclusion
) a pour conséquence une prévalence probablement sous-estimée.Antalgiques et analgésiques
), plus de la moitié des 644 répondants déclaraient avoir au moins deux douleurs aiguës, et 61,0 % déclaraient avoir des problèmes de sommeil. Plus récemment, la question des opioïdes (codéine, tramadol) a suscité l’attention de la communauté scientifique.Anti-inflammatoires non stéroïdiens
Revues systématiques
ont réalisé une revue systématique des études publiées entre 2000 et 2022. Les auteurs ont retenu 55 publications, comprenant 12 études portant sur les substances déclarées aux autorités dans le cadre de contrôles antidopage, 25 enquêtes et 18 revues de la littérature. L’analyse des études selon les critères du Newcastle-Ottawa Scale (NOS12
) et de l’AMSTAR (A MeaSurement Tool to Assess systematic Reviews13
) montre que les études basées sur des formulaires de contrôle du dopage sont de meilleure qualité que celles basées sur des enquêtes, qui présentent plus de risque de biais et ont une moindre représentativité. Les études basées sur des déclarations, qui recueillent des informations sur la consommation de substances dans le cadre de pratique sportive en compétition ou en entraînement montrent des taux d’utilisation d’AINS très variables, de 2,8 % parmi les joueurs de tennis à 54,2 % dans le football. Les enquêtes et les revues portaient sur la pratique de haute performance en milieu non professionnel, avec une attention particulière aux disciplines d’endurance telles que les semi-marathons, marathons et ultra-marathons. Les auteurs observent une relation entre la distance parcourue et l’usage d’antalgiques : les taux de prévalence variaient de 3,1 % pour les semi-marathons à 9,2 % pour les courses de 56 km (n>75 000 sujets), pour atteindre des taux supérieurs à 60 % lors des courses de plus de 100 km. Les estimations de consommation d’antalgiques varient très fortement d’une enquête à l’autre avec par exemple, 61 % des participants déclarant avoir consommé des antalgiques avant le semi-marathon de Bonn, et 17 % pour le marathon de Hanovre. Deux autres études allemandes ont interrogé les participants d’une centaine de courses de moyenne ou de longue distance entre 2016 et 2020 (n>50 000), dont 96 % ont déclaré ne « jamais » ou « rarement » utiliser d’antalgiques dans le cadre d’une course. La disparité de ces estimations ne permet pas, selon les auteurs, de conclure avec certitude à un usage répandu d’antalgiques en milieu amateur, en particulier lors des courses longue distance. Selon eux, il est impossible d’extrapoler la prévalence de consommation des antalgiques dans les sports professionnels, ici surtout dans le tennis ou le football, au champ du sport amateur, tout en mentionnant la particularité des pratiquants de course d’endurance dans laquelle l’intensité de la pratique se rapproche de celle des professionnels. Enfin, ils soulignent le manque et l’hétérogénéité de données fiables dans le sport amateur.
). Au total, 49 études portant sur plus de 44 000 athlètes âgés de 15 à 24 ans ont été incluses dans l’analyse, dont 19 jugées de bonne ou de haute qualité selon les critères du NOS. L’étude montre que l’utilisation d’AINS est courante dans cette population, avec une prévalence ponctuelle de 48 % (IC 95 % [23-73]) et une prévalence de consommation au cours de la saison écoulée de 92 % (IC 95 % [88-95]), jusqu’à la moitié des athlètes déclarant consommer ces substances au moins une fois par semaine.
ont retenu 70 études publiées entre 1975 et 2016 portant sur la consommation d’antalgiques en milieu sportif d’élite. Les auteurs soulignent les écarts de prévalences relevées entre d’un côté des compétitions élite (détectés dans 2,4 % des échantillons urinaires lors des Jeux olympiques d’hiver de 1988, ou déclarés par 9,8 % des athlètes paralympiques et 11,1 % des athlètes valides lors de contrôles antidopage durant les Jeux d’Athènes en 2004) et, de l’autre, des taux plus élevés lors de la pratique en compétition au cours d’une saison entière (>50 % parmi les universitaires pratiquant le football américain aux États-Unis et de 93 % parmi les footballeurs en Italie). Plus de 90 % des médecins suivant des équipes de football américain professionnel et 79 % des médecins intervenant dans des équipes universitaires ont déclaré avoir injecté du kétorolac trométhamine (un AINS). Les études documentent des prises concomitantes de plusieurs AINS, des posologies supérieures aux prescriptions et des voies d’administration multiples.Études sur les usages d’AINS chez les jeunes sportifs,
dans les sports d’endurance et les sports de contact
observent des expérimentations précoces chez de jeunes athlètes de haut niveau en étudiant une population de 192 jeunes âgés de 11 à 18 ans qui consultaient un médecin suite à un traumatisme lié à l’activité sportive ou qui les avait amenés à effectuer un bilan sanitaire complet dans un service de médecine du sport. Ils montraient que l’usage d’antalgiques de niveau I, comprenant les AINS, concernait 45,3 % des jeunes athlètes dont 10,9 % déclaraient en prendre « tout le temps ». À ce niveau, les filles comme les garçons ont autant recours à la prise de ces médicaments. La prise « n’est pas spécifique à une période dans la saison sportive, mais a lieu le plus souvent après les entraînements ou les compétitions, lorsque la douleur est perçue comme la plus forte. Les consommateurs de médicaments antalgiques n’y ont recours que rarement dans une visée préventive ou prophylactique ». L’origine de la prise d’antalgiques pose aussi question, et notamment chez les plus jeunes, dont les principaux prescripteurs s’avèrent être les parents et les entraîneurs.
se sont penchés sur la consommation de substances parmi les coureurs de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (4 courses de respectivement 55, 101, 119 ou 170 km) en 2017. Ils ont utilisé une méthode d’échantillonnage des prélèvements d’urine (n=412), de manière concomitante à une enquête par MRA (n=2 931) afin de détecter les substances licites et illicites consommées. Des 412 échantillons individuels analysés, 205 (49,8 %) étaient positifs pour au moins une substance, et 67 (16,3 %) pour une ou plusieurs substances proscrites par l’AMA. Les AINS étaient les premières substances licites détectées (22,1 %), suivis de l’acétaminophène (paracétamol, 15,5 %) et des opioïdes (6,6 %). La présence de substances proscrites, telles que diurétiques, cannabinoïdes ou stimulants, à visée de dopage, étaient plus marginale, inférieure à 5 % des échantillons. Les taux estimés par enquête sont plus faibles que ceux des tests urinaires, et en particulier pour les substances proscrites par l’AMA pour lesquelles il n’y a aucune déclaration.
ont interrogé 297 des 389 participants de l’Infernal Trail des Vosges en 2014 et montrent que 27 % et 18 % des coureurs ont consommé des médicaments dans le mois précédent ou lors de la course respectivement, et que les AINS sont la classe de substances la plus utilisée. De même, l’étude de Martínez et coll. (2017)
portait sur trois épreuves de longue distance à Majorque, dont un marathon de 44 km, un trail de 67 km et un ultra-trail de 112 km. Dans l’ensemble, 48,3 % des coureurs (n=238) déclaraient avoir pris des AINS juste avant, durant ou juste après l’épreuve, une prévalence associée à la distance parcourue (35,5 %, 49,2 % et 60,3 % respectivement).
ont analysé les déclarations de 76 654 coureurs ayant pris le départ du Two Oceans Marathon, des épreuves de 21 ou de 56 km en Afrique du Sud, entre 2012 et 2015. Dans cette étude, 8,6 % de participants déclarent la consommation d’AINS la semaine précédant l’épreuve et 5,3 % durant la course (un taux qui montait à 12,8 % et 9,2 %, respectivement, avant et durant la course pour les participants à l’épreuve de 56 km). L’analyse multivariée a montré une association significative entre la consommation d’antalgiques et des blessures. Kaminska et Pawlak (2019)
, quant à eux, estimaient que 17 % des 308 coureurs de marathon interrogés avaient consommé un antalgique avant ou durant une course, les femmes plus souvent que les hommes ; l’ibuprofène était l’AINS le plus consommé, suivi du kétoprofène et du diclofénac. Parmi les 1 142 coureurs ayant participé à une enquête (taux de participation de 30,7 %) lors du Grand Raid de la Réunion en 2016, course de 167 km, 35,8 % déclaraient avoir consommé des AINS au cours des 12 derniers mois, dont un tiers sans prescription médicale, et les auteurs soulignaient le manque de connaissance des coureurs à propos des effets secondaires des AINS (Lai-Cheung-Kit et coll., 2019
). Les taux avancés par Pardet et coll. (2017)
, lors de l’édition précédente du Grand Raid, étaient de 5 % des coureurs ayant utilisé des AINS en phase de préparation et 21 % lors de la course, la majorité en automédication.
avançaient une prévalence d’usage d’AINS au cours de l’année de 87,8 %, l’ibuprofène étant le plus utilisé (81,1 %). L’âge moyen de la population était de 48 ans (18-82 ans) et 70 % déclaraient avoir eu une blessure dans les 12 derniers mois. Les auteurs établissaient une association entre la prise d’AINS et l’occurrence de blessures, plus courantes au sein d’une population de cet âge mais ne montraient pas de différence significative avec l’âge, la distance parcourue par semaine ou l’appartenance à un club. Dans une enquête auprès de 129 athlètes amateurs âgés de 18 à 70 ans (âge moyen : 33 ans), plus des deux-tiers des interrogés déclaraient avoir consommé des AINS, principalement de l’ibuprofène, au cours des 12 derniers mois pour traiter des douleurs (Rudgard et coll., 2019
). Les prévalences observées étaient de 84 % chez les triathlètes, 71 % chez les coureurs et 53 % chez les cyclistes, qui étaient 70 %, 56 %, et 33 %, respectivement, à en avoir consommé juste avant ou après leur activité, alors que seulement 6 % des répondants ont consommé des AINS durant leur activité.
). Une revue de la littérature par une équipe suisse, consacrée spécifiquement à ce sujet, montre que plus de 50 % des joueurs participant aux coupes du monde de football entre 2002 et 2014 consommaient des AINS et que plus d’un tiers en utilisaient avant les matchs (Tscholl et coll., 2015
). Une revue systématique, plus récente, basée sur 14 études avance un taux de prévalence de 54 % dans le football professionnel (principalement des AINS), mais les auteurs soulignent cependant le manque de données fiables sur cette population sportive (Zandonai et coll., 2023b
). Certaines des études prises en compte dans la revue de Zandonai et coll. sont présentées ci-dessous, afin de détailler davantage les prévalences et les populations étudiées. Une étude a montré que 40 % des joueurs dans la Coupe du monde de 2018 consommaient des AINS, qui représentaient les médicaments les plus utilisés (Oester et coll., 2019
). Lors de la Coupe du monde de football de 2014, 30,6 % des joueurs auraient eu recours aux AINS (Vaso et coll., 2015
), et un tiers des joueurs et joueuses des principales divisions de football en Allemagne (Trinks et coll., 2021
). Toujours dans le football, une étude par questionnaire auto-déclaré sur 378 joueurs en deuxième division de football italienne concluait que 92 % d’entre eux avaient consommé des AINS au cours des 12 derniers mois et qu’un tiers des sujets les consommaient plus de 30 jours par année (Rossi et coll., 2021
). Enfin, il est à noter que très peu d’études se sont intéressées aux AINS dans d’autres sports de contact comme le rugby, le handball ou le hockey.Analgésiques opioïdes
).
avançaient des usages d’analgésiques opioïdes plus rares que les AINS, mais leur revue de la littérature s’appuie sur un nombre réduit d’études, et à partir de 9 études les auteurs avancent un taux d’usage d’opioïdes inférieur à 1 %. Ils mentionnent toutefois quelques résultats supérieurs, par exemple, une prévalence vie de codéine (substance non interdite par l’AMA) de 5,6 % parmi les sportifs nigérians ou une prévalence dans les 3 derniers mois d’utilisation de tramadol de 3,3 % chez des cyclistes d’élite.
), réalisée selon les standards Cochrane14
et PRISMA, s’est intéressée spécifiquement à la consommation d’opioïdes chez les athlètes et a retenu 11 études (n=226 256 athlètes) publiées entre 1998 et 2018, majoritairement aux États-Unis et concernant des sports de contact (baseball, football américain, futsal…). Les prévalences observées varient de 4,4 % chez des participants à la Coupe du monde de futsal à 52 % chez des professionnels retraités de la Ligue nationale de football américain. Les 6 études chez des athlètes lycéens ou universitaires aux États-Unis rapportent une consommation d’opioïdes vie entière de 28 à 46 %, obtenus sans prescription ; mais il faut noter que ces études proviennent presque toutes du même groupe d’auteurs. Ces derniers ont étudié l’impact de la pratique du sport sur la consommation d’analgésiques opioïdes chez des étudiants universitaires américains dans le cadre de l’enquête biennale Students Life Survey (Veliz et coll., 2015
). Près de la moitié des 3 442 répondants (46,4 %) déclaraient avoir consommé au moins une fois dans leur vie un analgésique opioïde (8,5 % l’avaient fait sans prescription) ; 27,7 % en avaient pris 1 ou 2 fois (4,3 % sans prescription), et 18,7 % au moins trois fois (4,2 % sans prescription). L’analyse multivariée démontrait une association positive entre ces usages et la pratique sportive avec un ORa de 1,36 (IC 95 % [1,10-1,69]) dans le cas d’une seule activité ; un ORa de 1,38 (IC 95 % [1,08-1,77]) dans le cas de deux activités sportives et un ORa de 1,43 (IC 95 % [1,10-1,85]) dans le cas de trois activités sportives ou plus. Veliz et coll. (2016)
ont montré que la pratique sportive semblait être un facteur protecteur de mésusage d’analgésiques opioïdes en population adolescente, dont l’usage au cours de la vie était déclaré par 7,6 % d’un échantillon d’élèves de classes de quatrième à la seconde (n=191 682) du projet Monitoring the Future. L’ORa était de 0,86 (IC 95 % [0,80-0,92]) dans le cas d’une pratique sportive hebdomadaire, et de 0,74 (IC 95 % [0,68-0,79]) dans le cas d’une pratique quotidienne. Cependant, les prévalences avancées dans les études de Veliz et coll. sont dépassées. À cet égard, dans la dernière édition de Monitoring the Future la prévalence de la consommation d’analgésiques opioïdes, hors l’héroïne, au cours de la vie par les lycéens en classe de terminale était de 2,4 % (Miech et coll., 2024
).
), avec un taux de prévalence le plus élevé chez les cyclistes (9,7 %), suivis par les triathlètes et les rameurs (>2 %). En 2017, sur 122 706 échantillons d’urine analysés, la prévalence globale de tramadol était de 0,7 % pour l’ensemble des sports, et les sports les plus concernés étaient le cyclisme, le rugby et l’aviron.
). Leur usage, souvent en auto-prescription, et les risques de dépendance caractéristique de tous opiacés, prennent une dimension particulière au vu de la crise des opioïdes en cours aux États-Unis, au Canada et, dans une moindre mesure, en Australie.Conclusion
Compléments alimentaires
). Les CA contiennent une grande variété de composants tels que des vitamines, des minéraux, des protéines et des acides aminés (β-alanine, glutamine, lactosérum), des substances ergogéniques (créatine, caféine, taurine, nitrates) ou visant la réduction de la masse grasse (choline, L-carnitine), des extraits de plantes… présentés sous diverses formes (gélules, pastilles, comprimés, sachets de poudre). Ces produits ne sont pas des médicaments et, à ce titre, ne font pas l’objet d’une évaluation rigoureuse de la qualité, efficacité et sécurité à laquelle sont soumis les produits revendiquant le statut de médicament. Leur composition est encadrée par un décret16
, et cette réglementation est supervisée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui est sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances. Ils font l’objet de la norme européenne NF EN 17444, spécifique aux CA destinés aux sportifs. Elle présente les exigences relatives aux bonnes pratiques de développement et de fabrication de ces CA visant à prévenir la présence de substances interdites par l’Agence mondiale antidopage dans ces denrées alimentaires et ainsi améliorer l’information fournie aux consommateurs. Cependant, des inquiétudes persistent quant aux risques sanitaires et aux risques de dopage non intentionnel que posent certains produits, notamment ceux qui prétendent favoriser le développement musculaire ou la réduction de la masse grasse (Anses, 2016
; Ronis et coll., 2018
). Si l’ensemble des CA ne peut être qualifié de produits dopants stricto sensu, ils entretiennent pourtant un double lien avec le dopage : direct, via la présence de substances proscrites (contamination), et indirect, par un potentiel effet de porte d’entrée. L’usage des CA interpelle d’autant plus qu’une revue récente de la littérature rapporte que la majorité des nutriments nécessaires à la pratique sportive sont présents dans une alimentation équilibrée (Close et coll., 2022
), même si des CA peuvent parfois être utiles pour des pratiques intensives ou des régimes particuliers. Pour ces raisons, et compte tenu de leur grande disponibilité, en particulier sur internet, il est important d’évaluer la prévalence de la consommation de CA chez les sportifs, et de comprendre les déterminants qui y sont associés.Des usages généralisés de compléments alimentaires :
revues de la littérature
mais elle n’est pas détaillée ici car comprenant seulement une vingtaine d’études, dont la majorité datent d’avant 2010.
ont effectué une revue de la portée (scoping review) examinant la quantité et l’étendue de la littérature scientifique sur la consommation de CA en milieu sportif. Les auteurs ont sélectionné 26 études publiées en anglais entre 2018 et juin 2022, menées dans leur grande majorité dans des pays occidentaux, notamment l’Espagne (31 %) ou les États-Unis (27 %). Les études portent sur des sportifs récréatifs ou de haut niveau (n=17 342 participants) pratiquant une grande variété de sports, mais ont été exclues de l’analyse des études sur des utilisateurs de salles de sport. La moitié d’entre elles s’intéresse à l’usage actuel des CA, et un tiers à l’usage au cours de l’année. L’usage se définit le plus souvent comme avoir consommé au moins un CA au cours d’une période de référence, ou plus rarement comme l’usage d’au moins un CA deux jours ou plus par semaine. Les prévalences avancées varient considérablement en raison des différences de période de référence ou de définition d’usage, mais dans l’ensemble, deux tiers des études avancent des taux d’au moins 60 %, et trois études chez des rameurs ou des joueurs de squash en Espagne, ou des étudiants universitaires américains, rapportent un taux de prévalence de 100 % (consommation actuelle ou dans l’année écoulée d’au moins un CA), les effectifs étant toutefois très limités. Les CA les plus couramment déclarés sont les protéines, consommées surtout par les hommes, et les vitamines ou les minéraux, préférés par les femmes. Les auteurs soulignent la grande hétérogénéité entre études, ce qui rend difficile de conclure quant à d’éventuels facteurs de risque. Cependant, en général, les taux de consommation de CA sont plus élevés chez les athlètes plus âgés ainsi que chez les hommes. Les motivations de consommation de CA renvoient d’abord et avant tout à l’amélioration des performances, l’amélioration de l’état de santé et l’accélération des temps de récupération ; les athlètes femmes avancent plus souvent des raisons de santé, et les hommes la recherche de performance.
, donne une image assez complète du phénomène. Cette étude approfondie a examiné 159 articles publiés en anglais jusqu’en août 2014, englobant une quarantaine de sports et différentes populations de sportifs dont des athlètes d’élite, des étudiants du secondaire ou de l’université, ainsi que des utilisateurs de salles de sport. Les auteurs soulignent la difficulté de rendre compte de la prévalence au vu de la qualité méthodologique globalement moyenne des études retenues. Celle-ci était évaluée en attribuant un score, basé sur 8 critères (Loney et coll., 1998
) dont la méthode, le cadre et la taille d’échantillonnage, les outils de mesure, les biais, le taux de réponse, la présentation de l’analyse statistique, et la description des participants17
. La notation moyenne des études retenues était de 43±16 %, une valeur plutôt constante sur la période considérée (1969-2014), ce qui suggère que la qualité méthodologique des études dans ce domaine ne s’est pas améliorée avec le temps. Les prévalences sont peu homogènes une fois décomposées par discipline sportive ou type de CA, conséquence de modes de collecte des données différents (par questionnaire, entrevue, ou enquête alimentaire), et de taux de réponses disparates variant de 7 à 100 %. Il ressort de la méta-analyse que :
). Les études éligibles étaient celles publiées en anglais ou en persan, entre 1979 et novembre 2019, fournissant des estimations de prévalence de la consommation de CA. La qualité méthodologique des articles a été évaluée sur la base de 9 critères développés pour des revues systématiques d’études rapportant des données de prévalence (Munn et coll., 2015
). Au final, 32 enquêtes par questionnaire auprès de 11 107 athlètes récréatifs ou d’élite ont été retenues pour l’analyse, dont plus de la moitié portant sur les utilisateurs de salle de sport. La prévalence vie entière d’usage de CA est de 64,8 % (IC 95 % [55,8-73,8]), avec là encore une forte hétérogénéité (I²=99,7 % ; p<0,001). Cette étude a mis en avant plusieurs facteurs associés à la consommation de CA chez d’autres populations de sportifs. À cet égard, la prévalence estimée était significativement plus élevée chez les athlètes hommes que chez les femmes (68,8 % versus 47,0 % ; p<0,001), ainsi que chez les athlètes plus âgés (68,7 % chez les 25 à 35 ans versus 49,1 % chez les 20 à 24,9 ans ; p<0,001). À l’instar de Knapik et coll. (2016)
, les athlètes récréatifs avaient moins tendance à consommer des CA que les athlètes d’élite (61,5 % versus 73,9 % ; p<0,001). Les disciplines telles que le football (100,0 %) et la musculation (71,8 %) présentent les prévalences les plus élevées. Les CA les plus souvent déclarés sont les vitamines, les protéines ainsi que la créatine.
qui rapporte des taux de prévalence qui varient fortement entre différentes populations sportives. Par exemple, la prévalence de la consommation de la créatine chez les footballeurs professionnels est de 17 %, et de respectivement 29 % et 52 % parmi les lycéens ou étudiants universitaires joueurs de football américain. Toutes disciplines sportives confondues, la prévalence est plus élevée chez les hommes (17 % ; IC 95 % [11-26] ; n=18 études) que chez les femmes (3 % ; IC 95 % [1-4] ; n=14 études). Cependant, il convient de souligner que les études prises en compte dans la méta-analyse sont anciennes avec presque la moitié d’entre elles publiées il y a plus de 20 ans. Plus récemment, une revue générale de la littérature sur l’usage de la créatine chez les enfants et les adolescents souligne un phénomène précoce et généralisé, tant en population générale que chez les jeunes sportifs (Jagim et Kerksick, 2021
). Les auteurs notent que, de manière générale, la prévalence augmente avec l’âge et qu’elle est plus élevée chez les pratiquants de sports ainsi que chez les garçons par rapport aux filles. Par exemple, une étude réalisée en 2005-2006 auprès d’élèves aux États-Unis (n=3 248) a montré que 7 % des garçons en 3ème et 22 % en terminale ont consommé de la créatine au cours de leur vie, alors que chez les filles, la prévalence pour les deux niveaux scolaires était de 1,4 % (Hoffman et coll., 2008
). D’autres études américaines, datant de la même période et portant sur des lycéens sportifs, ont retrouvé des taux de prévalence d’environ 16 %. L’usage de la créatine, qui variait fortement selon les disciplines, était significativement plus élevé chez les garçons (23 % à 25 %) que chez les filles (2 % à 4 %). Enfin, des travaux plus récents de Yager et McLean (2020)
, menés auprès de jeunes sportifs australiens, avancent une prévalence de 8,4 %.Des profils de consommateurs en fonction du sexe, de l’âge,
de la discipline ou du niveau sportif
Études chez les athlètes de haut niveau
ont été confortées par des études plus récentes sur des athlètes de haut niveau. La recherche bibliographique a identifié une trentaine d’études de prévalence portant sur de nombreuses disciplines sportives et plusieurs pays (Fraczek et coll., 2016
; Baltazar-Martins et coll., 2019b
; Aguilar-Navarro et coll., 2020
; Tabata et coll., 2020
; Lauritzen et Gjelstad, 2023 ; Myoenzono et coll., 2023
; Isenmann et coll., 2024
). En termes de prévalences d’usage de compléments tout d’abord : celles-ci varient de 48 % chez des sportifs polonais professionnels pratiquant des sports collectifs (Fraczek et coll., 2016
), à plus de 88 % de sportifs allemands de haut niveau engagés dans des disciplines de force ou de résistance (Isenmann et coll., 2024
). Des taux de prévalence élevés ont été rapportés dans l’ensemble des pays étudiés, principalement en Europe de l’Ouest ou au Japon (Sato et coll., 2015
; Tabata et coll., 2020
; Myoenzono et coll., 2023
). Une analyse des formulaires de contrôles antidopage réalisés en Norvège entre 2015 et 2019 a retrouvé des prévalences du même ordre de grandeur chez des athlètes de niveau national : la consommation de CA a été déclarée par 53 % des athlètes, avec une prévalence plus élevée, soit 71 %, chez les pratiquants de sports de force (Lauritzen et Gjelstad, 2023
). Dans cette étude, un lien entre la consommation de CA et le risque d’être contrôlé positif au dopage, que le dopage soit intentionnel ou par contamination, a été souligné, mais ce lien est fonction des produits utilisés et des sports considérés. Les protéines, les vitamines et les acides aminés sont parmi les CA les plus répandus.
; Aguilar-Navarro et coll., 2020
). L’usage de CA croît aussi avec l’âge (Baltazar-Martins et coll., 2019a
) mais surtout selon le type de sport pratiqué, comme souligné précédemment par Knapik et coll. (2016)
: ainsi, les taux de prévalence de consommation de CA les plus élevés se retrouvent chez les pratiquants des disciplines de force, ou d’endurance. Il est en revanche difficile d’établir une fréquence type d’usage, les études s’appuyant sur des temporalités très hétérogènes (semaine, mois ou année).Études chez les athlètes amateurs
; Solheim et coll., 2017
; Dreher et coll., 2018
; Gianfredi et coll., 2019
; Mettler et coll., 2020
; Ruano et Teixeira, 2020
; Hilkens et coll., 2021
; Mazzilli et coll., 2021
; Brisebois et coll., 2022
; Graybeal et coll., 2023
; Lauritzen et Gjelstad, 2023
; Oliveira et coll., 2024
). L’extrême hétérogénéité des taux de prévalence de consommation constatés s’explique en partie par les différences de définition et de temporalité retenues (si tant est qu’elles aient été renseignées) : ainsi, dans l’étude de Lauritzen et Gjelstad (2023
), les CA ont été déclarés dans 47 % des formulaires de contrôles antidopage complétés par des athlètes amateurs. Un peu plus du tiers des 136 coureuses à pied en Belgique interrogées dans l’étude de Locquet et coll. (2016)
déclaraient avoir pris un CA dans la semaine précédant une course, et 44,9 % de 127 pratiquants de fitness en Italie en consomment au moins une fois par semaine (Gianfredi et coll., 2019
). Ces taux, inférieurs à ceux observés dans le milieu élite, sont toutefois à relativiser car ils portent sur les sept derniers jours, la prévalence étant donc susceptible d’être sous-estimée. En revanche, certaines études avancent des niveaux bien plus élevés : 82,2 % des 2 576 pratiquants de CrossFit aux États-Unis ont consommé au moins un CA au moins 2 fois par semaine sur les 6 mois précédant l’enquête (Brisebois et coll., 2022
), et 90,2 % parmi un échantillon de 724 triathlètes brésiliens, sans précision quant à la temporalité (Oliveira et coll., 2024
). Dans une étude danoise, basée sur les déclarations des formulaires de contrôles antidopage complétés (n=273 sujets), Solheim et coll. (2017)
avançaient même une prévalence de 100 % parmi les femmes et de 94 % parmi les hommes pratiquant le fitness. Comme pour les sportifs d’élite, les vitamines, protéines et acides aminés étaient plébiscités par les sportifs amateurs ou récréatifs. Plus encore que dans les études menées en milieu élite, la créatine est mentionnée, en particulier dans les sports visant un gain de masse musculaire, d’endurance (Brisebois et coll., 2022
) ou visant une embellie corporelle comme le fitness (Dreher et coll., 2018
; Hilkens et coll., 2021
).
concluent qu’à l’exception de quelques études, la consommation de CA était plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Dans une étude portant sur 492 pratiquants de fitness allemands, Dreher et coll. (2018)
ont montré que les sujets de sexe masculin avaient une propension beaucoup plus élevée que les femmes à déclarer l’usage de la créatine ou de « boosters » pré-entraînement contenant de la DMAA (1,3-diméthylamylamine), avec toutefois, des intervalles de confiance larges : respectivement OR=13,52 ; IC 95 % [2,59-70,57] et OR=9,00 ; IC 95 % [1,01-80,58]. Les motifs d’usage varient aussi selon le sexe : les hommes mettaient plus en avant des gains de force, d’endurance, de meilleures performances et de récupération que les femmes (Ruano et Teixeira, 2020
), ces dernières étant plus susceptibles de consommer des compléments visant l’amélioration de la santé en général, tels que des vitamines, du collagène, du magnésium, ou des suppléments pour la digestion (Brisebois et coll., 2022
). L’accent est en revanche mis sur l’âge, qui serait la variable principale expliquant le nombre de CA consommés : le recours aux de CA croît avec l’âge et le déclin significatif des performances (Graybeal et coll., 2023
). Comme pour les sportifs d’élite, l’usage de CA varie selon le type de sport pratiqué, concernant plus particulièrement les sports d’endurance et de force (musculation, CrossFit) ou visant l’amélioration corporelle (fitness). Enfin, les études montrent une association positive entre la consommation de CA et la fréquence de la pratique ou des entraînements parmi les sportifs récréatifs (Mettler et coll., 2020
; Graybeal et coll., 2023
). À ce titre, une étude menée auprès de jeunes hommes néerlandais pratiquants de fitness (n=2 269) a mis en évidence une association positive entre l’utilisation des réseaux sociaux et la consommation de CA ou de SAA (Hilkens et coll., 2021
).
), les Émirats arabes unis (Attlee et coll., 2017
), et surtout l’Arabie saoudite (Alshammari et coll., 2017
; Jawadi et coll., 2017
; Alfawaz et coll., 2018
; AlRuthia et coll., 2018
; Aljaloud et coll., 2020
; Sajid et coll., 2020
; Alhussain et coll., 2022
). Bien que ces études rapportent des données de prévalence sur la consommation de CA, elles sont généralement d’une qualité méthodologique relativement modeste et se concentrent davantage sur les motivations sous-tendant les usages, les sources des produits, ou les connaissances relatives à leurs effets sur la performance ou la santé, et elles ne sont pas analysées en détail ici.Études chez les jeunes : un phénomène précoce
et 2022
; Ganson et coll., 2023b
et c
). À partir d’une analyse des données obtenues auprès de 9 417 répondants à l’enquête nationale sur la santé (National Health Interview Survey ; NHIS) menée aux États-Unis en 2007, Evans MW Jr. et coll. (2012)
estimaient que 1,2 million de jeunes de moins de 18 ans, soit 1,6 % de la population de référence de 73,7 millions individus, avaient consommé des CA au cours des 30 derniers jours, et plus particulièrement dans un cadre sportif. La prévalence était plus élevée chez les garçons que les filles (ORa=2,1 ; IC 95 % [1,3-3,3]). À partir des données de la cohorte Eating and Activity over Time (EAT) recueillies en 2010 auprès de 1 535 jeunes âgés de 12 à 18 ans vivant dans le Minnesota et réinterrogés en 2018, Nagata et coll. (2022)
ont avancé une prévalence de la consommation de protéines chez les sujets masculins et féminins de 55,1 % et de 33,0 % respectivement. Au Canada, 43,4 % de 475 étudiants universitaires non engagés dans des sections sportives déclaraient avoir consommé des CA au cours des six derniers mois (El Khoury et coll., 2020
). De même, dans la Canadian Study of Adolescent Health Behaviors menée auprès de jeunes de 16 à 30 ans (n=2 731), plus de 8 sur 10 des sujets masculins déclaraient avoir consommé des protéines (poudre ou préparation liquide) et la moitié de la créatine (Ganson et coll., 2023c
).
). En Suisse, 84 % des jeunes athlètes d’élite interrogés en avaient consommé au moins un fois par semaine, et 97 % au cours des quatre dernières semaines (Mettler et coll., 2022
). Dans une étude australienne visant à évaluer le programme Goodform (intervention sur la perception corporelle et sensibilisation aux usages de CA et de SAA), la prévalence de consommation de CA pour brûler des graisses ou gagner de la masse musculaire au cours des trois derniers mois parmi l’ensemble des participants (n=488 garçons âgés de 14 à 16 ans) s’élevait à 15,2 % (Yager et coll., 2023
). Plus du quart des jeunes interrogés déclaraient vouloir consommer des CA dans un futur proche, dans un pays où, soulignent les auteurs, l’offre est dérégulée, accroissant leur accessibilité.
). Cette pratique est plus fréquente chez les sujets masculins, les pratiquants de la musculation, les sujets passant plus de temps sur les réseaux sociaux, et ceux présentant un risque plus élevé de dysmorphie musculaire.
; Roy et coll., 2021
; Nagata et coll., 2022
; Ganson et coll., 2023b
et c
). Les usages augmentent avec l’âge selon certains auteurs (Roy et coll., 2021
), une tendance qui n’est observée que chez les sujets masculins dans l’étude de Nagata et coll. (2020b)
, les prévalences atteignant un pic à 20-22 ans. Ces mêmes auteurs soulignent aussi l’association positive entre la consommation de CA et la pratique de sports collectifs ainsi que la volonté de gain de muscle, renvoyant aux sports de musculation et fitness, et Sassone et coll. (2019)
mettaient en avant les sports comme le golf, le baseball et le softball. Enfin, l’usage de CA chez les jeunes est fortement associé à la fréquence des entraînements (Nagata et coll., 2020b
; Roy et coll., 2021
; Ganson et coll., 2023b
et c
). Il convient de noter que les informations sur la consommation de CA recueillies par questionnaire dans ces enquêtes (comme celles réalisées auprès d’autres populations) diffèrent quant à la temporalité et à la fréquence d’usage, ce qui rend difficile la comparaison des résultats entre études. Par exemple, sont rapportées la consommation d’au moins un CA au cours de la semaine ou du mois (Mettler et coll., 2022
), dans les 6 derniers mois (El Khoury et coll., 2020
; Roy et coll., 2021
), voire les 12 derniers (Ganson et coll., 2023b
et c
), ou bien la consommation d’un CA au moins 2 fois par semaine au cours de l’année écoulée (Sassone et coll., 2019
).Des risques de contamination
), posant ainsi un risque pour la santé des sportifs récréatifs ou de haut niveau, ces derniers étant également exposés au risque de dopage involontaire (Chester, 2018
).
ont analysé 634 échantillons de CA, provenant de 215 fournisseurs répartis dans 15 pays différents. Des SAA ou leurs dérivés ont été identifiés à des concentrations jusqu’à 190 μg/g dans 94 échantillons (14,8 %) dont notamment ceux provenant des États-Unis (45/240 ; 18,8 %), du Royaume-Uni (7/37 ; 18,9 %), de l’Autriche (5/22 ; 22,7 %), ou des Pays-Bas (8/31 ; 25,8 %). Les auteurs ont montré expérimentalement que la consommation de CA contaminés présente un risque de contrôle antidopage positif : l’administration à des volontaires sains de suppléments contenant des prohormones de la nandrolone totalisant une absorption totale de plus de 1 μg a entraîné des tests positifs de dopage à la norandrostérone pendant plusieurs heures. Plus récemment, une étude menée au Royaume-Uni sur 24 échantillons de CA suspectés de contamination aux SAA a confirmé leur présence dans 23 cas (Abbate et coll., 2015
) exposant ainsi les utilisateurs de ces produits au risque de détection et sanction pour dopage. Tsarouhas et coll. (2018)
, quant à eux, ont étudié une population d’adolescents (n=170, dont 110 sujets masculins) fréquentant des salles de sport en Grèce dans laquelle le taux de prévalence de la consommation de CA était de 60 %. Les auteurs ont montré que 9 % des sujets consommaient des CA contaminés par des SAA, des SARM ou des inhibiteurs d’aromatase, alors qu’ils étaient commercialisés comme des produits naturels visant à augmenter la synthèse protéique ou le développement musculaire.
ont estimé qu’entre 10 et 15 % des CA contiennent des substances proscrites, et que la prise par des sportifs de haut niveau de produits contaminés pourrait être à l’origine de 6 à 9 % des cas de dopage avérés. À partir d’une analyse d’une vingtaine d’études comprenant une centaine de CA, Martinez-Sanz et coll. (2017)
ont avancé des taux de contamination plus élevés, de l’ordre de 12 à 58 %. Kozhuharov et coll. (2022)
ont réalisé une revue de 50 études consacrées à la contamination des CA : des 3 132 échantillons analysés, 875 (28 %) contenaient des substances non déclarées proscrites par l’AMA, dont 248 (28,3 %) contenant de la sibutramine, 228 (26,1 %) de la testostérone ou d’autres SAA, 192 (21,4 %) de la fluoxétine et 15 (1,7 %) de l’higénamine. Pour Jagim et coll. (2023)
, c’est jusqu’à la moitié des CA qui contient des anabolisants ou d’autres substances interdites susceptibles d’entraîner un contrôle positif.Quel lien entre la consommation de compléments alimentaires
et le dopage ?
). Si le principe général de cette théorie est aujourd’hui largement remis en question, il n’en demeure pas moins que l’expérimentation ou la consommation d’une substance augmente les risques d’en expérimenter une autre (Inserm, 2014
; voir l’encadré 1.6 intitulé « Théorie de l’escalade ou des opportunités en chaîne ? » de ce rapport de 2014).
). Les athlètes déclarant avoir consommer des CA (71,3 %) étaient plus susceptibles d’utiliser des substances dopantes illicites que leurs homologues non consommateurs de CA (OR=11,28 ; IC 95 % [2,72-46,77]). Plus de trois quarts des athlètes ayant consommé des substances dopantes ont d’abord consommé des CA, et ce, en moyenne 4,5±5,1 ans avant d’utiliser des substances illicites.
). Les auteurs ont identifié 12 études transversales rapportant des données à la fois sur le dopage et la consommation de CA chez 8 822 sportifs récréatifs ou athlètes de haut niveau participant à des compétitions et soumis au Code de l’AMA. Les études prises en compte dans la méta-analyse, publiées entre 2011 et 2022, reposaient sur des enquêtes anonymes réalisées en Europe ou en Angleterre. La prévalence du dopage parmi les consommateurs de CA était plus élevée que chez les non-consommateurs (respectivement 14,7 % versus 6,7 % ; OR=2,74 ; IC 95 % [2,10-3,57]). Toutefois, toutes les études incluses étant de nature transversale, il n’est pas possible de conclure quant à une quelconque causalité en cas d’association identifiée.
, non incluse dans la revue de Hurst et coll. (2023)
, reposait sur la méthode de réponse aléatoire pour estimer la prévalence de la consommation de CA et de substances dopantes illicites auprès de 2 997 triathlètes amateurs participant à trois événements en Allemagne. L’estimation de la prévalence du dopage dans l’année écoulée était significativement plus élevée chez les triathlètes déclarant utiliser des CA (20,6 %) que chez ceux qui n’en consomment pas (11,4 %).
). Dans leur analyse des données longitudinales des vagues III et IV de l’étude (obtenues chez des participants âgés de 18 à 26 ans et de 24 à 32 ans, respectivement), le risque de déclarer avoir consommé des SAA lors de la vague IV était plus élevé chez les sujets masculins ayant rapporté avoir consommé des CA au cours de l’année précédente, lorsqu’interrogés à la vague III, par rapport à ceux qui n’en avaient pas consommé (12,5 % contre 2,7 % respectivement ; ORa=3,18 ; IC 95 % [1,90-5,32]). En revanche, les auteurs ne retrouvaient aucune association significative chez les jeunes femmes. Les mêmes auteurs ont examiné la question d’une potentielle porte d’entrée chez 1 535 participants à l’étude de cohorte EAT (Eating and Activity over Time) inclus en 2010 (12 à 18 ans) et réinterrogés en 2018 (19 à 25 ans) (Nagata et coll., 2022
). La prévalence globale selon le sexe de consommation de protéines sous forme de poudre ou de shakes était de 55,1 % et de 33,0 % chez les sujets masculins et féminins, respectivement ; celle d’autres suppléments (créatine, acides aminés) était de 19,4 % et 6,5 % respectivement, et celle de stéroïdes anabolisants était de 6,4 % et 5,7 %. Les auteurs ont essayé d’identifier des facteurs associés à l’initiation de la consommation de stéroïdes anabolisants et d’autres substances de renforcement musculaire (créatine, acides aminés, β-hydroxy-β-méthylbutyrate, déhydroépiandrostérone, l’hormone de croissance) à l’âge adulte, chez les sujets initialement non consommateurs à l’adolescence dans une analyse stratifiée selon le sexe avec ajustement sur le niveau d’étude en 2010, l’ethnie, l’indice de masse corporelle, l’engagement dans une pratique sportive et l’usage initial de protéines. Cet usage initial était associé à l’initiation de SAA à la fois chez les hommes (n=521, dont 11,5 % initiateurs de SAA à l’âge adulte ; RRa=2,09 ; IC 95 % [1,29-3,39]) et les femmes (n=787, dont 2,6 % initiatrices de SAA à l’âge adulte ; RRa=4,81 ; IC 95 % [2,01-11,48]).
ont exploré l’hypothèse d’une porte d’entrée dans une étude menée auprès de 212 athlètes (65 % hommes, âge moyen de 21,4±4,5 ans), pratiquant une trentaine de sports à différents niveaux de compétition (club ou université, régional, national ou international). Cette étude, utilisant un questionnaire en ligne, a examiné leurs usages de CA, leurs croyances et motivations. Les consommateurs de CA étaient significativement plus nombreux (22,9 %) à déclarer avoir pris des substances dopantes proscrites que les non-consommateurs de CA (6,0 %).
ont eux aussi exploré cette question dans une étude transversale portant sur 448 étudiants universitaires américains (âge moyen de 19,5±2,2 ans) réalisée dans le cadre de deux enquêtes plus larges sur la santé mentale et physique. En plus d’interroger sur la prévalence vie de l’usage de protéines, de la créatine, de l’androstènedione, et de stéroïdes anabolisants (ces deux dernières substances étant regroupées par les auteurs sous l’appellation de « testostérone »), le questionnaire comprenait un ensemble de questions sur l’auto-perception de l’apparence physique, de satisfaction de la masse musculaire, complétées par une échelle d’influence de l’entourage sur la nutrition et la pratique sportive. Dans cette population, les pourcentages de participants déclarant avoir consommé des protéines, de la créatine ou de la testostérone étaient respectivement de 30,6 %, 10 %, et 2,5 %. Parmi les 26 participants déclarant avoir utilisé des SAP illicites, 96,2 % et 84,6 % ont déclaré avoir utilisé des protéines et de la créatine, respectivement. L’étude a mis en évidence une progression de consommation dans le temps, le début de la consommation de SAP illicites survenant 2,27±1,78 ans après le début de la consommation de protéines, et 1,76±1,70 an après le début de la consommation de créatine. Dans leur analyse multivariée, l’usage préalable de CA (protéines, mais surtout créatine) s’est avéré être la variable la plus fortement associée à un recours ultérieur à des SAP illicites.
). Les auteurs montraient que l’auto-administration d’un type de substance (médicaments ou CA) était positivement et significativement associée à la probabilité de recourir à l’auto-administration de l’autre type de substance (OR=2,75 ; IC 95 % [1,31-5,78]).
; Mallick et coll., 2023
).Conclusion
), ces études se caractérisent par une grande hétérogénéité méthodologique – définitions, types de CA, temporalité d’usage, populations, disciplines sportives – compliquant toute tentative de comparaison synchronique ou diachronique. Une part non négligeable de ces études se limitent à de simples descriptions, alors même que la multiplicité des facteurs de risque (genre, âge, pratique d’un sport, disciplines pratiquées, intensité des entraînements) requiert a minima une « analyse toutes choses égales par ailleurs ». À ce titre, la diffusion des CA est un argument en faveur de la généralisation d’études en population générale, s’appuyant sur des collectes de données standardisées et des échantillons représentatifs, afin d’avancer des données de références fiables.Substances psychoactives récréatives
; Exner et coll., 2021
). Si les sportifs mentionnent comme raison d’utilisation plutôt des usages récréatifs, certains y ont recours dans le but d’améliorer leurs performances. Parmi les substances psychoactives qui pourraient potentiellement augmenter les performances sportives se regroupent des substances licites, telles que la nicotine ou certains stimulants sur ordonnance, et des substances illicites comme le cannabis, la cocaïne, ou d’autres drogues classées par l’AMA comme des « substances d’abus ». Nombre de ces substances sont inscrites sur la Liste des interdictions de l’Agence et, à ce titre, sont proscrites en compétition.Usages de produits contenant de la nicotine
). Deux revues plus récentes ont examiné une dizaine d’études centrées sur le potentiel de la nicotine à améliorer les performances physiques. Ces revues, qui se recoupent de manière significative quant aux études incluses, concluent que la très grande majorité des travaux ne montrent aucun effet significatif, tout en soulignant les limites des études disponibles, tant en qualité qu’en quantité (Mundel, 2017
; Johnston et coll., 2018
).
). Zandonai et coll. (2023a)
ont recherché la nicotine dans 60 802 prélèvements urinaires effectués en Italie entre 2012 et 2020 sur des athlètes de niveaux national et international. Plus d’un échantillon sur cinq (23 %) comprenaient des traces de nicotine, et parmi les 90 disciplines sportives considérées, 90,1 % des sports collectifs et 39,9 % des sports individuels présentaient un taux d’utilisation de nicotine supérieur au taux de consommation globale de 20 % observé dans la population générale.
déclaraient en avoir consommé, sous forme de snuff ou de chique. Chague et coll. (2015)
, dans leur revue sur le sujet, font état d’une étude relevant que près de la moitié des 72 échantillons urinaires prélevés lors des championnats du monde de hockey sur glace de 2009 contenaient des traces de nicotine ou de ses métabolites (Marclay et Saugy, 2010
). Deux échantillons présentaient des niveaux très élevés (sans autre précision) alimentant une suspicion de dopage.Usages de cannabis
ont réalisé une revue de la littérature sur le sujet, retenant 37 études publiées entre 1998 et 2018, dont 11 qui rapportaient l’usage de cannabis au cours de l’année écoulée chez des sportifs (n=46 202). La majorité de ces études était menée aux États-Unis et portait sur des athlètes universitaires évoluant dans la National Collegiate Athletic Association (NCAA), ou plus rarement sur des jeunes sportifs d’élite ou des lycéens. La prévalence de l’usage de cannabis dans cette population était de 23,4 %. Les auteurs rappellent le manque d’éléments probants des effets du cannabis sur les performances sportives, soulignent le manque d’études concernant l’influence du cannabis sur la récupération post-exercice, relèvent l’hétérogénéité des mesures de détection, des seuils et des sanctions appliquées et ne différencient pas les usages récréatifs des pratiques dopantes.
se refusent à avancer une prévalence globale, étant donné l’extrême hétérogénéité des études analysées (n=15 publiées entre 2001 et 2015 ; taux de prévalence rapportés variant de 2,7 % à 66,8 %), leur revue systématique apporte néanmoins un éclairage sur les contextes et les motivations d’usage. Ils citent deux études, relativement anciennes, selon lesquelles prédominent les usages récréatifs. La première, portant sur 13 914 athlètes universitaires de la NCAA aux États-Unis, a montré que 61,2 % des sujets consommant du cannabis déclarent le faire pour un usage récréatif versus 0,6 % pour améliorer leur performance (Green et coll., 2001
) (tableau 2.I). La deuxième, réalisée par Lorente et coll. (2005)
auprès d’étudiants universitaires français en filière sport (n=1 152 répondants), a rapporté que, parmi les sujets ayant consommé du cannabis plusieurs fois dans leur vie, seulement 12,5 % déclaraient l’utiliser dans le but d’améliorer leurs performances sportives et 36 % déclaraient l’utiliser dans un cadre non sportif.
, à partir d’articles publiés entre 2010 et 2022, avance une prévalence similaire à celle de Docter et coll. (2020)
: un athlète adolescent ou jeune adulte sur quatre a consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois. Mais comme Brisola-Santos et coll. (2016)
, la conclusion de Benoy et coll. (2024)
, encore un peu plus explicite, est que la littérature scientifique ne permet pas d’étayer un usage de cannabis à visée d’amélioration des performances sportives.
Tableau Tableau 2.I Raison d’usage de substances psychoactives chez des athlètes universitaires de la NCAA (National Collegiate Athletic Association) (adapté de Green et coll., 2001
)
|
Raison d’usage
|
Tabac sans fumée (%)
|
Éphédrine (%)
|
Cannabis (%)
|
Cocaïne (%)
|
|
Récréatif ou social
|
54,4
|
19,7
|
61,2
|
42,1
|
|
Me fait du bien
|
29,3
|
15,5
|
34,7
|
44,7
|
|
Gérer le stress du sport
|
2,3
|
3,4
|
0,4
|
5,3
|
|
Améliorer la performance
|
0,8
|
50,8
|
0,6
|
3,9
|
|
Gérer le stress de l’université
|
13,2
|
10,5
|
3,1
|
3,9
|
, menée au États-Unis et reposant sur un questionnaire en ligne rempli par 1 161 sportifs adultes recrutés via les réseaux sociaux, les emails et des flyers dans des magasins de sport spécialisés, suggère que l’usage du cannabis chez les athlètes plus âgés est motivé par des raisons différentes de celles des athlètes adolescents ou universitaires. Les participants, pour les deux-tiers âgés de 40 ans ou plus et s’entraînant à une fréquence élevée (5-7 fois par semaine), pratiquaient principalement la course à pied, le triathlon, ou le cyclisme (autres disciplines : 28 %). L’usage de cannabis au cours des deux semaines précédant l’enquête a été déclaré par 26 % des sujets, parmi lesquels 71 % l’utilisent principalement pour des raisons médicales, notamment pour soulager la douleur ou l’anxiété, et 28,9 % pour un usage récréatif.Usages de stimulants
). D’autres stimulants sont régulièrement détectés lors des contrôles antidopage, dont les amphétamines et leurs dérivés tels que la méthamphétamine, ainsi que d’autres substances comme le méthylphénidate, l’éphédrine, et la méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA ou ecstasy, classée par l’AMA avec la cocaïne comme une « substance d’abus » dans la classe des stimulants). Les taux de détection de ces substances ont considérablement varié au fil des années (Drobnic et Galilea, 2018
), ce qui pourrait refléter, en partie, une évolution dans le temps des types de stimulants utilisés, que ce soit à des fins récréatives ou, pour certains d’entre eux, thérapeutiques. Pour les nombreuses raisons exposées dans le chapitre « Approches méthodologiques et réflexions sur la prévalence du dopage », ces données ne permettent pas d’avancer des estimations de la prévalence de l’usage de ces substances. Enfin, il est intéressant de noter que l’usage de stimulants, et notamment des médicaments sur ordonnance, est un phénomène qui semble particulièrement répandu dans les e-sports (Ip et coll., 2021
).Conclusion
Conclusion générale
Références
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