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GAÏA-Paris : synthèse des activités et des défis des services de réduction des risques en Île-de-France
Élisabeth Avril,
Directrice de Gaïa-Paris
Jamel Lazic,
Chef de service de la salle de consommation supervisée à Paris
Directrice de Gaïa-Paris
Jamel Lazic,
Chef de service de la salle de consommation supervisée à Paris
Gaïa-Paris est une association médico-sociale de réduction des risques liés à l’usage de drogues et de soins en addictologie. Cet organisme gère un Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) et un Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD) porteur de la Halte soins addictions (HSA)1
parisienne.
Gaïa-Paris est impliquée dans les initiatives de prise en charge des usagers de crack (cocaïne basée) sortant des squats et de la rue depuis la fin des années 90, et plus récemment dans le cadre du « Plan crack » 2018. L’association gère actuellement 70 places d’hébergement en hôtel pour ces publics dans le cadre du projet ASSORE, en partenariat avec l’association Aurore.
Chiffres et constats du dispositif ASSORE
Le dispositif ASSORE a pour objectifs l’hébergement de consommateurs de drogues du Nord-Est parisien dans des hôtels à Paris et en Île-de-France, et leur accompagnement sanitaire et social.
Romain Icick, psychiatre de l’Hôpital Fernand-Widal, rapporte des données actualisées pour ce dispositif qui a permis la mise à l’abri d’usagers de crack en errance dans le Nord-Est parisien dans 650 chambres dôtel. Des publications à venir aborderont des analyses approfondies sur les modalités de sortie durable de ce dispositif.
Enjeux de l’hébergement et consommation de crack en Île-de-France
Les professionnels de terrain estiment que plusieurs centaines voire milliers de personnes consomment encore du crack dans la rue en Île-de-France. La pandémie de Covid-19 a révélé l’ampleur de cette population invisible habituellement, entrainant une prise de conscience des pouvoirs publics.
En 2023, les chiffres de la Halte soins addictions (HSA) parisienne font état de : 781 personnes fréquentant la structure ; 70 866 visites pour consommation. 80 % des personnes consomment du crack, majoritairement par inhalation.
Profils des consommateurs et caractéristiques des scènes de consommation
Dans le Nord-Est de Paris, une consommation croissante de crack inhalé est observée parmi les jeunes migrants (Somaliens, Guinéens). Ces jeunes consommateurs sont très éloignés des structures de soins et présentent souvent des syndromes de stress post-traumatique non pris en soins.
Innovations thérapeutiques et besoins en santé mentale
Parmi les traitements expérimentés, il y a la gestion des contingences, le méthylphénidate et l’auriculothérapie. L’ARS Île-de-France a permis en 2024 la mise en place de trois lits d’hospitalisations à l’Hôpital Sainte-Anne (le D2O) afin d’évaluer la composante psychiatrique.
Conclusion : vers une meilleure prise en soins et une approche plus globale
Pour répondre aux besoins, il serait nécessaire d’ouvrir davantage de HSA avec des horaires adaptés. L’accès aux soins en santé mentale reste une priorité urgente. La France manque d’une véritable culture de réduction des risques et des dommages (RdRD).