ANALYSE

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Dommages aux usagers

Comme déjà évoqué dans ce rapport, la consommation de cocaïne se diffuse sur l’ensemble du territoire français et s’étend à des populations d’usagers de plus en plus diverses1 . Les données d’expérimentation et de consommation de la cocaïne en population générale ne seront pas énoncées ici, mais des données épidémiologiques spécifiques issues des enquêtes d’addictovigilance en France et celles de jeunes en situation de migration, en lien avec les dommages, seront détaillées en vue d’envisager des offres de soins adaptées.
La littérature sur le sujet des dommages aux usagers en lien avec la cocaïne est vaste. Dans ce chapitre, nous prenons le parti de développer en premier lieu et de manière assez succincte les dommages liés à l’usage de la cocaïne – sans distinction de la forme de la substance (cocaïne poudre ou cocaïne basée) – puis de décrire les dommages liés plus spécifiquement à l’usage de la cocaïne basée.
L’analyse de cette riche littérature soulève deux constats majeurs : très peu d’études se concentrent sur la cocaïne basée seule et sur les conséquences de sa consommation, et les termes utilisés ne sont pas uniformes pour décrire cette substance (« free-base », « cocaïne base », « crack », etc.).

Épidémiologie des dommages dans des populations spécifiques

En France, les enquêtes OPPIDUM2 et DRAMES3 , menées par les centres d’addictovigilance, confirment l’augmentation des notifications spontanées émanant des professionnels de santé en lien avec l’usage de cocaïne poudre et de cocaïne basée (Eiden et coll., 2021renvoi vers). Dans l’enquête OPPIDUM, le niveau des consommations a été étudié de 2010 à 2016. Au total, 1 265 déclarations (23 % des cas de notifications) concernant la cocaïne ont pu être analysées. Elles émanaient pour 75 % d’entre elles d’hommes d’âge médian de 35 ans. Une nette augmentation des déclarations a été constatée entre 2015 et 2016, essentiellement sur la cocaïne poudre. Les principales complications liées à la cocaïne étaient des complications psychiatriques (29 %), neurologiques (24 %), cardiovasculaires (23 %) puis infectieuses (11 %), sans distinction de la forme de cocaïne. La consommation de cocaïne basée a été retrouvée spécifiquement chez 2,4 % des personnes ayant eu une notification en 2016, ce qui représente le chiffre le plus important depuis 2006. Ces personnes étaient majoritairement des hommes (76 %) d’âge médian de 38,2 ans, la polyconsommation était rapportée par 82 % d’entre eux avec une alcoolodépendance dans 32 % des cas. L’enquête DRAMES indique que les décès liés à la cocaïne ont été multipliés par trois entre 2014 et 2016, les principales associations en cas de décès étaient avec l’héroïne puis la méthadone ; la distinction entre les formes de cocaïne n’était pas détaillée pour les décès.
Une méta-analyse a examiné les articles publiés de 1985 à 2022 concernant les taux de consommations de substances psychoactives de jeunes âgés de 10 à 24 ans vivant dans la rue (Armoon et coll., 2023renvoi vers). Au total, 16 155 références ont été trouvées, 156 analysées en texte intégral et 73 retenues pour cette méta-analyse. Bien que n’incluant pas de pays de l’Union européenne, cette étude montre la forte vulnérabilité aux substances psychoactives de cette population. Chez ces jeunes, la prévalence vie entière4 de la consommation de cocaïne basée était de 44 %, avec de grandes disparités selon les tranches d’âge : 13 % de 10 à 14 ans ; 61 % de 15 à 18 ans ; et 48 % de 18 à 24 ans. Dans la majorité des cas (62 %), cette consommation s’intègre dans un contexte de polyconsommation.

Dommages liés à la consommation de cocaïne, sans distinction précise de la forme de la substance

Comme évoqué dans l’introduction de ce chapitre, très peu d’études sur les dommages liés à la consommation de cocaïne se concentrent spécifiquement sur la cocaïne basée, la plupart des travaux portent sur la cocaïne quelle que soit la forme de la substance. Les principaux dommages attribuables à la consommation de cocaïne sont cardiovasculaires. Les études qui s’y intéressent vont de l’explication de la physiopathologie aux hypothèses de prise en soins. Les complications otorhino-laryngées (ORL), spécifiques à la cocaïne poudre et à son mode d’utilisation par « sniff », sont aussi très étudiées, allant de la physiopathologie aux propositions de soins. Les autres complications sont principalement issues d’études de cas et n’amènent pas de recommandations sur le traitement. Quant aux dommages infectieux, principalement liés au mode de consommation par injection, ils sont donc liés à la fois à l’usage de la cocaïne poudre et à l’usage de la cocaïne basée. Cependant, les dommages infectieux sont plus fréquents et accentués pour l’usage de la cocaïne basée ; ces dommages seront abordés dans la section traitant des dommages liés plus spécifiquement à la consommation de cocaïne basée (cf. infra).

Dommages cardiovasculaires

De nombreuses études s’attachent à décrire la physiopathologie des conséquences cardiovasculaires de la consommation de cocaïne, sans pour autant différencier la cocaïne basée de la cocaïne poudre. De façon unanime, la consommation de cocaïne occasionne une augmentation des besoins en oxygène du muscle cardiaque, tout en réduisant l’apport d’oxygène ; elle a également une action pro-thrombotique, et augmente les risques de myocardite, d’anévrismes des artères coronaires et de cardiomyopathies (Lucyk, 2022renvoi vers*).
La consommation aiguë de cocaïne fait prendre un risque de survenue d’un événement cardiovasculaire et aggrave son pronostic. Les principales complications aiguës sont : la tachycardie, l’hypertension artérielle, les troubles du rythme cardiaque et l’infarctus du myocarde. Ces risques sont majorés en cas de consommation concomitante d’alcool, en raison de la formation de cocaéthylène, un métabolite toxique qui potentialise les effets cardiovasculaires de la cocaïne. En utilisation régulière, la complication la plus spécifique de la consommation de cocaïne est une cardiomyopathie hypertrophique et dilatée. À noter que les complications sont majoritairement associées à une polyconsommation (Clement et coll., 2023renvoi vers). Une revue systématique de la littérature couplée à une méta-analyse a été menée afin de décrire l’association entre l’usage de cocaïne, l’insuffisance cardiaque et la cardiomyopathie (Arenas et coll., 2020renvoi vers). Ainsi, 881 résumés ont été identifiés dans les bases de données bibliographiques et 104 articles analysés. Cette méta-analyse a mis en évidence deux éléments majeurs : i) l’infarctus du myocarde est parmi les premières causes de décès attribuables à la cocaïne ; et ii) il est recommandé de rechercher une consommation régulière de cocaïne en cas de découverte d’une cardiomyopathie dilatée avec une dysfonction diastolique (Arenas et coll., 2020renvoi vers). Aucune distinction n’était faite entre cocaïne poudre et cocaïne basée.
L’impact de la cocaïne en contexte d’ischémie mésentérique a également été décrit. Les personnes ayant une ischémie mésentérique en lien avec une consommation de cocaïne sans distinction de forme de la substance sont plus jeunes, mais le pronostic n’est pas plus péjoratif par rapport aux personnes sans consommation, et il n’y a aucune différence de gravité de l’atteinte ou du pronostic en fonction de la voie d’administration de la cocaïne (Farooq et coll., 2021renvoi vers, 2022renvoi vers).

Dommages otorhino-laryngés (ORL)

Les complications otorhino-laryngées (ORL) sont le plus souvent décrites avec la cocaïne poudre. En effet, l’usage répété par voie intranasale (sniff) induit ischémie et nécrose. On constate d’abord des lésions des muqueuses, qui peuvent ensuite être compliquées de lésions cartilagineuses (cloison nasale) puis des lésions osseuses (palais dur, os maxillaire, base du crâne) (Colletti et coll., 2014renvoi vers). Ces lésions ont des conséquences esthétiques (déformations du nez), fonctionnelles (difficultés respiratoires, odorat) mais aussi infectieuses. Elles sont appelées « lésions de la ligne médiane » induites par la cocaïne.
Une revue systématique de la littérature a été menée en 2021, afin de colliger l’ensemble des lésions de la ligne médiane occasionnées par la consommation de cocaïne et de les classifier (Nitro et coll., 2022renvoi vers). Un total de 2 593 articles a été trouvé, 190 ont été évalués dans leur intégralité et 17 retenus pour l’analyse. L’ensemble de ces articles était constitué d’études de cas, 127 situations individuelles ont pu être colligées. Il s’agissait principalement d’hommes (61 % versus 44 %), les âges allaient de 22 à 66 ans. La complication retrouvée dans quasiment tous les cas était la perforation septale pour 99,2 % des sujets, puis une atteinte du plancher nasal (59 %) et finalement des structures de la base du crâne (7,9 %). Cette revue n’a pas permis d’identifier les liens entre lésions et quantité consommée ou durée de l’exposition (Nitro et coll., 2022renvoi vers).
La physiopathologie de ces lésions a beaucoup été étudiée car l’implication de la cocaïne comme seule substance, avec son effet vasoconstricteur, ne permet pas d’expliquer toutes les lésions microscopiques retrouvées. Des lésions de vascularites auto-immunes sont attribuées à la fois à la cocaïne mais aussi au levamizole (adultérant le plus fréquent). Une mise au point exhaustive a été très récemment publiée sur ce thème (Iorio et coll., 2024renvoi vers). À noter qu’aucun traitement thérapeutique n’est actuellement validé, le seul impératif énoncé est l’arrêt de la consommation de cocaïne qui permet dans certains cas une amélioration des lésions et une disparition en 6 à 12 mois des anticorps. Les traitements locaux comme les douches salines, la détersion des lésions nécrotiques et l’utilisation d’antibiotiques si besoin, sont préconisés. Sur des lésions plus délabrantes, la chirurgie prothétique peut être indiquée suite à une longue période d’abstinence (6 à 24 mois).

Dommages en santé mentale et troubles neurocognitifs

Les substances psychoactives utilisées durant la période de maturation neurobiologique ont un impact sur l’apparition de problématiques en santé mentale. Cela a largement été prouvé pour le cannabis et la schizophrénie. Dans le cas de la cocaïne, outre le fait que la rencontre précoce avec la substance favorise l’apparition de l’addiction, il n’y a pas de lien précis démontré jusqu’à présent entre cocaïne et genèse d’une problématique spécifique en santé mentale.
Une étude transversale menée au Royaume-Uni, reposant sur un questionnaire en ligne destiné aux jeunes adultes a été mise en œuvre, comprenant des questions destinées à examiner la prévalence de la consommation de drogues illicites et les symptômes d’anxiété, de dépression, de stress perçu et d’insomnie (Foster et coll., 2023renvoi vers). Parmi 600 participants, 543 questionnaires ont pu être examinés. L’âge médian des personnes était de 20 ans, 82 % étaient des hommes ; le cannabis était la première substance utilisée, suivi par la cocaïne sans distinction de forme de la substance (avec une prévalence de 13,4 % le dernier mois, 25,7 % dans l’année et 31,2 % vie entière). Dans cette étude, les symptômes d’anxiété, de dépression, de stress perçu et d’insomnie étaient liés à une augmentation des déclarations de consommation globale de substances.
Une analyse ancillaire de l’étude ANRS-Coquelicot5 , menée en France entre 2011 et 2013, a retrouvé 39,9 % d’antécédents de tentative de suicide chez les 1 718 personnes interrogées et qui utilisent des drogues. Avoir fait une tentative de suicide était corrélé au fait d’être une femme, d’avoir des antécédents d’overdose, de vivre avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), d’utiliser des benzodiazépines et de consommer de la cocaïne poudre (Jangal et coll., 2022renvoi vers).
Les troubles neurocognitifs associés à l’usage des substances psychoactives ont été largement étudiés. Une revue systématique de la littérature menée entre 2010 et 2021 a tenté d’établir un lien entre les troubles neurocognitifs induits par la consommation de substances psychoactives et les accidents de la route (Blandino et coll., 2022renvoi vers). En ce qui concerne la cocaïne, sans distinction de forme de la substance, en cas d’utilisation régulière et prolongée, une altération d’un large éventail des fonctions cognitives a été décrite, touchant notamment l’attention, l’impulsivité, l’apprentissage, la mémoire verbale, la flexibilité cognitive, la perception visuo-spatiale, la mémoire de travail et les performances psychomotrices (Blandino et coll., 2022renvoi vers). Cette revue insiste sur le fait que les altérations des fonctions cognitives sont d’autant plus marquées que la consommation a débuté avant 18 ans.
Une étude interventionnelle a tenté de mesurer l’impact de la consommation de cocaïne sur les fonctions cognitives de personnes consommant la substance seule, en comparaison à celles de personnes consommant cocaïne et alcool (Bolla et coll., 2000renvoi vers). Les résultats mettent en évidence un effet potentialisateur de la consommation de cocaïne et d’alcool sur l’altération des fonctions cognitives ainsi qu’un effet dose en fonction de la quantité de cocaïne consommée (Bolla et coll., 2000renvoi vers).

Dommages hépatologiques

Des lésions hépatiques médiées par le stress oxydatif lié à la consommation de cocaïne sont décrites (Vitcheva, 2012renvoi vers). Des études précliniques évoquent l’action de la cocaïne sur les enzymes du cytochrome P450. Cela impliquerait une action sur le métabolisme oxydatif et pourrait entrainer une hépatotoxicité. Des études supplémentaires sont nécessaires pour expliquer la physiopathologie exacte (Jastrzębska et Daniel, 2023renvoi vers).

Dommages rénaux

Plusieurs rapports de cas dans la littérature suggèrent une possible rhabdomyolyse induite par la consommation de cocaïne. Une revue systématique ancienne de la littérature décrit la physiopathologie des atteintes rénales et les différentes atteintes cliniques aiguës ou chroniques : insuffisance rénale aiguë, troubles acido-basiques, poussée hypertensive, insuffisance rénale terminale (Nzerue et coll., 2000renvoi vers). Par ailleurs, au cours de la grossesse et en cas de consommation de cocaïne chez la mère, des dommages sur la fonction rénale du fœtus sont possibles, en conséquence de la diminution du débit artériel fœtal (impact sur le débit urinaire, sur le cycle vésical, indice de résistance plus élevé de l’artère rénale, épaississement de la paroi artérielle interlobulaire du rein fœtal) (Nzerue et coll., 2000renvoi vers ; Kannan, 2022renvoi vers).

Dommages sur le sommeil

La cocaïne induit des troubles du sommeil avec notamment la survenue de cauchemars dans lesquels les personnes rêvent qu’elles ont envie de la substance (craving) ou qu’elles la consomment. Ces rêves anormaux de consommations persistent à distance du sevrage (69,9 % à 6 mois) et sont un important facteur de risque de reprise de la consommation. La prise en soins de la qualité du sommeil, avant ou après le sevrage, est donc indispensable dans l’accompagnement des personnes qui consomment de la cocaïne (Bjorness et Greene, 2021renvoi vers ; Jiménez-Correa et coll., 2022renvoi vers).

Autres dommages (qualité de vie, accidents,
dommages familiaux, santé sexuelle)92

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Dommages sur la qualité de vie

La qualité de vie a été analysée chez de nombreuses personnes qui consomment des drogues. Bratu et coll. (2023renvoi vers) ont mené une revue systématique de la littérature en janvier 2023. Les questions de recherche de cette revue étaient les suivantes : i) quelles sont les variations de la qualité de vie chez les personnes qui consomment des substances psychoactives dans différents groupes démographiques et cliniques ; ii) quelles sont les dimensions de la qualité de vie les plus négatives chez ces personnes, et quels sont les facteurs associés à ces résultats moins favorables ; iii) comment les dimensions de la qualité de vie varient-elles chez les personnes qui consomment des substances ? Plus de 9 100 études ont été identifiées dans les bases de données bibliographiques, parmi lesquelles 19 ont été retenues pour cette revue avec un total de 6 079 patients souffrant d’un trouble de l’usage de substance. Les hommes étaient majoritairement représentés (près de 60 %) et l’âge médian était de 37 ans (31 ans/47 ans en fonction des études). Les études ne faisaient pas la distinction entre cocaïne poudre et cocaïne basée. Néanmoins, la consommation de cocaïne était identifiée chez 47,1 % des patients. D’autre part, une comorbidité en santé mentale est très souvent associée au trouble de l’usage : les troubles mentaux ont été rapportés chez 68,3 % des patients. Cela s’avère associé à une altération de la qualité de vie dans l’ensemble des champs explorés (physique, psychologique, social et environnemental) (Bratu et coll., 2023renvoi vers).

Accidents

Une étude conduite en Espagne sur des analyses toxicologiques réalisées suite à des décès par accident de la voie publique a montré que sur les 710 situations étudiées entre 2009 et 2019, 39 % des personnes décédées étaient positives au moins à une substance (Alvarez-Freire et coll., 2023renvoi vers). L’alcool était le plus souvent retrouvé (67 %), et la cocaïne l’était à 7 % ; l’association de substances psychoactives la plus fréquente était cocaïne/alcool. Dans ce même pays, des automobilistes ont été testés pour la consommation de substances, de manière longitudinale entre 2008 et 2021 (García-Mingo et coll., 2023renvoi vers). Durant cette période, les tests positifs à la cocaïne n’ont cessé d’augmenter et cette substance était la plus retrouvée (2,4 %) en dehors de l’alcool quand une polyconsommation était mise en évidence.
Une revue systématique de la littérature associée à une méta-analyse a étudié la prévalence mondiale de la mortalité des conducteurs de moto qui consomment de la cocaïne (Hajijafari et coll., 2022renvoi vers). Les accidents mortels de la route sont majoritairement liés à l’utilisation des motos. Parmi les déterminants humains liés à ces accidents, l’utilisation de substances psychoactives et notamment la cocaïne est souvent retrouvée. Trois cents études publiées entre 2011 et 2020 ont été identifiées et 6 ont été retenues afin de mener la méta-analyse. Celle-ci a mis en évidence que la prévalence de la mortalité des conducteurs de moto lors d’un accident en moto était de 12 % chez les utilisateurs de cocaïne et que celle-ci était la plus importante lorsque le conducteur avait moins de 30 ans (Hajijafari et coll., 2022renvoi vers).

Dommages liés à la consommation durant la grossesse

La consommation de cocaïne a été étudiée dans le contexte de la grossesse. Une revue systématique de la littérature a été menée afin d’examiner l’association entre l’exposition à une ou plusieurs substances psychoactives durant la grossesse et le risque de maltraitance des enfants (Austin et coll., 2022renvoi vers). Au total, 1 533 articles ont été identifiés dans les bases de données bibliographiques, et 30 articles inclus dans cette revue. Cette étude a permis de mettre en évidence un lien entre la consommation de cocaïne durant la grossesse et le risque de placements de l’enfant, risque estimé supérieur à celui pour l’usage de cannabis ou d’opioïdes (Austin et coll., 2022renvoi vers).
Dans une revue systématique visant à analyser l’association entre différents types d’exposition prénatale (notamment à des substances illicites) et le volume de certaines régions cérébrales (Boots et coll., 2023renvoi vers), l’exposition à la cocaïne in utero provoquerait des altérations volumétriques de certaines régions du cerveau impliquées dans une prédisposition à certaines maladies neurodégénératives. Ces études ne sont cependant pas prospectives et ne prennent donc pas en compte la part environnementale du développement de l’enfant.
L’ensemble des complications liées à la cocaïne peuvent être retrouvées chez la mère durant la grossesse. Dans une revue sur l’usage de stimulants durant la grossesse, le risque des complications cardiovasculaires est majoré par l’imprégnation en progestérone plus importante durant la grossesse (Smid et coll., 2019renvoi vers). Une revue de la littérature couplée à une méta-analyse conduite en 2011 (31 études) a mis en évidence des complications majeures périnatales en lien avec la consommation de cocaïne chez la mère : prématurité, faible poids de naissance, décollement placentaire, fausse couche, rupture utérine (Gouin et coll., 2011renvoi vers).

Dommages liés à une exposition chez l’enfant

Chez l’enfant, une étude observationnelle a comptabilisé entre 2010 et 2019 le nombre d’accidents d’exposition à la cocaïne répertoriés lors du passage d’enfants aux urgences pédiatriques en France (Eiden et coll., 2022renvoi vers). Depuis 2016, cette étude rapporte une nette augmentation des notifications de ces passages (2010-2015 : 9 ; 2016-2020 : 65). Le risque pour l’enfant de nécessiter un passage en soins intensifs est lié à son âge (<2 ans) et à la présence de manifestations multi-organiques (cœur, poumon, cerveau) (Claudet et coll., 2023renvoi vers).

Violences sexuelles

Une étude menée auprès de jeunes adultes (18-25 ans) a mis en évidence un risque accru de déclarer avoir subi des violences sexuelles chez les femmes qui consomment de la cocaïne, sans distinction des modalités de consommation (Burke et coll., 2023renvoi vers). En 2017, dans une revue systématique couplée à une méta-analyse, ce même constat de risque accru de subir des violences sexuelles avait été prouvé spécifiquement en lien avec la cocaïne basée (Butler et coll., 2017renvoi vers).

Dommages liés plus spécifiquement à la consommation de cocaïne basée

Certaines études récentes tendent à se focaliser sur les dommages liés à la cocaïne basée, qui semble responsable de dommages plus fréquents et plus accentués qu’avec la cocaïne poudre (dommages infectieux, dommages sur la santé mentale) ou spécifiques à cette forme (dommages pulmonaires). Le fait de baser la cocaïne avec de l’ammoniaque plutôt qu’avec du bicarbonate de soude est plus préjudiciable notamment pour les dommages spécifiques.

Dommages infectieux

Une revue systématique de la littérature publiée en 2017 démontre qu’il existe des preuves formelles de liens entre consommation de cocaïne basée et dommages aux usagers, particulièrement pour les infections (Butler et coll., 2017renvoi vers). Pas moins de 6 470 articles ont été identifiés, 302 ont été retenus pour une analyse qualitative et 79 pour l’analyse quantitative sous forme d’une méta-analyse. Celle-ci confirme une association positive entre la consommation de cocaïne basée et la séroconversion pour le VIH ainsi que la séroprévalence du VIH. Cette association est retrouvée chez les hommes, les femmes cis, les personnes transféminines et les femmes travailleuses du sexe. La prévalence des maladies sexuellement transmissibles était aussi augmentée chez les personnes consommant de la cocaïne basée, notamment pour la syphilis et Trichomonas vaginalis. La séroprévalence du virus de l’hépatite C (VHC) était également associée à l’usage de cocaïne basée. Une association positive était trouvée entre l’usage de cocaïne basée et la fréquence des cancers liés au papillomavirus (HPV).
Une étude rétrospective réalisée au Luxembourg (Arendt et coll., 2019renvoi vers) a analysé les différents facteurs de risque de séroconversion pour le VIH. Entre janvier 2013 et décembre 2017, 68 nouveaux diagnostics d’infection par le VIH ont été identifiés par l’analyse de dossiers médicaux de personnes qui utilisent des drogues et fréquentent les services de maladies infectieuses du pays. Ces personnes ont été contactées et ont répondu à un questionnaire sur leur usage de substances psychoactives et leurs prises de risque ; leur âge médian était de 36 ans, 75 % étaient des hommes et 80 % avaient une co-infection avec le VHC. Quatre-vingt-quatre pour cent d’entre elles déclaraient des injections de cocaïne toutes formes confondues ou d’héroïne et 37 % n’avaient pas de domicile (Arendt et coll., 2019renvoi vers). Cette étude, bien qu’elle ne fasse pas la distinction entre les formes de cocaïne, présente un intérêt à être citée car les personnes qui consommaient par injection de la cocaïne et de l’héroïne avaient plus tendance à partager le matériel que les personnes qui consommaient par injection l’héroïne seule (20,8 % contre 9,4 % ; p = 0,07).
Au Royaume-Uni, une étude a utilisé les données d’une enquête transversale, l’enquête UAM (Unlinked Anonymous Monitoring), menée chaque année en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, afin d’étudier les facteurs de risque associés à l’injection de cocaïne basée. Entre 2011 et 2021, l’injection de cocaïne basée est passée de 34 % à 57 %. Les usagers de cocaïne basée injectée ont été comparés aux personnes injectant d’autres substances. Ils avaient notamment plus de risque d’avoir une hépatite virale C chronique (68 % versus 54 % ; p<0,001) (Edmundson et coll., 2023renvoi vers). Cette population présentait plus de pratiques à risque que les personnes qui n’injectaient pas de cocaïne basée (polyconsommation, injections à risque avec utilisation du réseau veineux dans l’aine, partage de matériel et injections pluriquotidiennes).
En France, l’étude PrebupIV est une enquête communautaire transversale qui a évalué l’acceptabilité par les personnes qui consomment des opioïdes par voie intraveineuse d’une forme injectable de buprénorphine dans le cadre d’un traitement de substitution aux opiacés ; elle a été conduite en 2015 en partenariat avec de nombreuses associations communautaires (Roux et coll., 2017renvoi vers). Une analyse ancillaire a été menée au sein de cette étude afin d’évaluer les facteurs associés au dépistage récent (<6 mois) du VHC (Anwar et coll., 2023renvoi vers). Les 557 personnes de l’étude PrebupIV ont répondu de manière autonome à un questionnaire en ligne. Sur les 557 questionnaires, 550 ont pu être analysés : les personnes étaient majoritairement des hommes (81 %) et l’âge médian était de 34 ans. Parmi ces personnes, 31 % (172) avaient effectué un dépistage de l’hépatite C durant les 6 derniers mois. Les participants ayant un test récent du VHC étaient majoritairement sans emploi, n’avaient pas de logement stable, avaient été incarcérés récemment, et décrivaient une personne avec qui ils pouvaient parler de leurs pratiques d’injection (Anwar et coll., 2023renvoi vers). Aucune étude ne s’attache à définir les facteurs favorisant le dépistage des infections chez les personnes qui s’injectent de la cocaïne basée, mais celle-ci peut donner des pistes d’action dans la population spécifique des injecteurs de cocaïne basée et poudre.
Enfin, en ce qui concerne les autres maladies sexuellement transmissibles (Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis), une étude allemande menée auprès de 12 512 jeunes entre 2016 et 2019 a montré une plus forte incidence de ces infections (16,2 % versus 13,9 %) chez les personnes ayant des consommations de substances comme l’ecstasy, la cocaïne sans distinction de forme, la kétamine, le GBL/GHB7 , les méthamphétamines ou l’héroïne en contexte sexuel que chez les personnes n’utilisant pas de substances autres que l’alcool ou le cannabis dans ce même contexte (Evers et coll., 2023renvoi vers). Là encore, dans cette étude, la cocaïne n’est pas étudiée selon sa forme ou son utilisation propre mais elle s’intègre dans l’ensemble des consommations de substances psychoactives en contexte sexuel.

Dommages en santé mentale

Une étude conduite en Martinique auprès de 111 personnes accompagnées pour une consommation de cocaïne basée a montré une prévalence du TDAH à l’âge adulte de 18 %, et une prévalence d’antécédents de TDAH durant l’enfance de 45 % (Fond et coll., 2023renvoi vers). Les personnes avec un TDAH consommant de la cocaïne basée présentaient un score plus important d’impulsivité que les personnes sans TDAH (Fond et coll., 2023renvoi vers).
Des études plus anciennes (2007-2014) évoquaient un lien entre consommation de cocaïne et symptômes psychotiques, sans que ces troubles soient étiquetés comme co-occurrents ou induits par la consommation. L’étude de Roncero et coll. (2013renvoi vers) s’intéressait à 287 personnes suivies pour un trouble de l’usage de la cocaïne ayant été interrogées via des questionnaires standardisés permettant d’évaluer la présence de symptômes psychotiques ou d’impulsivité. Dans cette étude, des symptômes psychotiques étaient observés chez 59,9 % des personnes interrogées ; ces personnes avaient un score d’impulsivité plus élevé, faisaient plus d’overdose et présentaient plus souvent un TDAH (Roncero et coll., 2013renvoi vers).

Dommages pulmonaires

Les dommages pulmonaires occasionnés par l’inhalation de cocaïne basée sont décrits dans la littérature essentiellement sous forme d’études de cas depuis les années 1990 (Tashkin et coll., 1992renvoi vers). La symptomatologie peut être brutale avec douleurs thoraciques, dyspnée voire hémoptysies (toux ramenant du sang en provenance des voies respiratoires). Les images scanographiques montrent des phénomènes de condensations, des nodules, des images en verre dépoli. Les explorations fonctionnelles mettent en évidence un syndrome ventilatoire obstructif et une diminution de la capacité de diffusion. Certaines situations cliniques et radiologiques sont améliorées par l’arrêt de l’inhalation de cocaïne basée et la prise de corticoïdes (Shah et coll., 2015renvoi vers ; Reyes et coll., 2018renvoi vers).

Dommages oculaires

Une revue systématique des études de cas s’est intéressée aux dommages oculaires en lien avec la consommation de cocaïne basée (Gohil et coll., 2022renvoi vers). Des situations cliniques de brûlures oculaires avec rougeurs ont été décrites en lien avec la consommation de cocaïne basée, 83 % des cas ayant donné lieu à une infection microbienne de la cornée. Il existerait un effet direct de la fumée ainsi qu’un effet indirect de la substance (Gohil et coll., 2022renvoi vers).

Conclusion

La multiplicité et la diversité des dommages aux usagers présentées dans ce chapitre démontrent à quel point la consommation de cocaïne a un impact sur la santé psychique et somatique des personnes. Peu d’études s’intéressent spécifiquement à la cocaïne basée. Il est logique de penser que les propriétés addictogènes plus élevées de la cocaïne basée ne peuvent qu’accentuer l’ensemble des dommages ici énoncés. La diversité des dommages confirme la nécessité d’une approche globale de l’accompagnement, nécessairement pluriprofessionnelle, bienveillante et inconditionnelle. Il n’existe que très peu de données qui permettent de faire un lien entre la fréquence de consommation de cocaïne, la quantité consommée, et le risque de survenue des complications.
De nombreuses pistes de recherche sur les dommages associés à ces usages sont intéressantes comme l’étude du potentiel cancérigène, mais également sur l’ensemble des complications énoncées pour en comprendre la physiopathologie et envisager des recommandations thérapeutiques spécifiques.

Références

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