Une fois n’est pas coutume, nous ne parlerons pas ici d’un mot mais d’un suffixe, assez répandu dans le langage courant, mais sans doute plus encore en médecine et en sciences… : le suffixe oïde , du grec – eidos , « l’apparence, qui ressemble à ».
Sans surprise puisqu’il s’agit d’apparence, on trouve de multiples désignations de forme avec ce suffixe. Et si chacun connaît l’étymologie de sphéroïde , en forme de globe, ou d’ ovoïde , en forme d’œuf, on connaît peut-être moins celle des mots désignant le muscle deltoïde de l’épaule, qui a la forme de la lettre grecque majuscule delta, le côlon sigmoïde , qui a la forme d’un S, l’appendice xiphoïde , partie terminale du sternum en forme d’épée ( xiphos , en grec), ou encore la glande thyroïde , dont le nom provient de celui d’un cartilage du larynx en forme de bouclier ( thyreon , en grec).
D’autres mots comportant ce suffixe sont associés à un principe ou à une composition chimique, comme pour st é roïde , qui désigne une molécule dont la structure de base comprend un stérol, ou encore alcaloïde , molécule organique qui ressemble à un corps alcalin. Plus étonnant peut-être, c’est non pas la forme ou le contenu, mais le devenir de l’objet qui est évoqué, lorsque l’on distingue par exemple la lignée myéloïde de la lignée lymphoïde pour désigner le destin des cellules souches sanguines, soit monocytaire (macrophage, cellule dendritique) et granulocytaire pour la première, soit lymphocytaire (lymphocytes T, B, NK…) pour la seconde. Et puisqu’on parle de destin, c’est bien plus le fonctionnement d’un organe et la complexité des communications intercellulaires que sa forme tridimensionnelle que le scientifique cherche à reproduire ex vivo dans un organoïde . Et bien sûr, à l’heure de l’intelligence artificielle, on n’oubliera pas le point d’orgue des oïdes , l’ humanoïde , robot qui n’a pas forcément l’apparence d’un humain, mais dont la littérature d’anticipation nous prédit qu’il saura bientôt mimer l’ensemble de nos comportements.
